Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/11/11 à 10:00 - Mise à jour à 10:00

Faut-il revoir l'indexation automatique des salaires ?

La question fait débat. Si le débat a lieu aujourd'hui, c'est parce que le conseil central de l'économie vient de publier un rapport qui démontre que l'écart salarial entre la Belgique et ses principaux partenaires économiques : çàd la France, les Pays-Bas et l'Allemagne, s'est creusé au fil du temps et file vers un niveau record de 4,6 % en 2012.

Si vous écoutez cette chronique attentivement, vous vous direz : attendez, comment peut-on avoir un dérapage salarial alors que les travailleurs belges sont soumis à la diète salariale depuis 2009 ? L'explication de ce dérapage vient du fait que l'indexation automatique des salaires mange à elle seule la quasi-totalité des progressions salariales. Or, ce système d'indexation automatique n'existe qu'en Belgique et au Luxembourg.

C'est la raison pour laquelle, ceux qui sont contre ce système d'indexation, essentiellement les fédérations patronales mais également le parti libéral flamand, Open VLD, crient au loup. Pour eux, c'est simple : si le coût des salaires est plus élevé chez nous, cela implique que des emplois partent ailleurs et c'est mauvais pour tout le monde. Et donc, ceux qui sont contre l'indexation salariale voudraient soit qu'on la supprime, soit qu'on en discute au moins pour la modifier.

De l'autre côté, vous avez les syndicats qui font de l'indexation salariale un véritable tabou. Pour les syndicats, l'indexation protège les salariés contre l'inflation qui je le rappelle a dépassé les 3% en Belgique, et donc cette indexation est une manière de préserver le pouvoir d'achat des Belges. D'autant que l'indexation en Belgique répercute l'inflation élevée dans notre pays, or, cette inflation elle vient surtout de la hausse des prix énergétiques. En clair, plutôt que de bloquer les salaires, les fédérations patronales feraient mieux de faire contrôler les prix de l'énergie en Belgique !

Pour réconcilier ces deux positions extrêmes, une idée - émise par Guy Quaden, l'ancien gouverneur de la banque nationale - serait de supprimer l'indexation des hauts salaires qui est de toute manière thésaurisée. Une autre idée consisterait à permettre aux entreprises d'échanger ces hausses salariales contre une meilleure formation ou une augmentation de l'assurance-groupe. D'autres experts proposent de n'indexer que le salaire net et donc pas le brut. Il existe donc de nombreuses méthodes pour réconcilier les deux positions. Le débat ne fait que commencer.

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