Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/10/11 à 11:29 - Mise à jour à 11:29

Faut-il recapitaliser les banques ?

Souvenez-vous au mois d'août, la nouvelle patronne du FMI avait clairement indiqué que les banques européennes devaient être recapitalisées - sous entendu, c'était nécessaire pour redonner confiance aux marchés financiers. Pendant les jours qui ont suivi cette déclaration, la patronne du FMI s'est fait flinguer par le lobby bancaire, en lui disant en gros qu'elle avait tort et qu'elle n'avait qu'à s'occuper de ce qui la regarde.

Et puis, l'affaire Dexia et les tensions en Bourse ont fait changer le discours ambiant des politiques. Même le président de la commission européenne, M. Barosso a fini par dire la même chose, à savoir qu'il était urgent de recapitaliser les banques européennes, et la plupart des ministres des Finances de l'Europe disent à peu près aujourd'hui la même chose. Alors, il est où le problème puisque tout le monde est enfin d'accord ?

Le problème, il est dans le fait que le secteur bancaire n'accepte pas cette recapitalisation. C'est le cas du patron de la Deutsche Bank, l'une des plus grandes banques au monde. Ce patron vient de déclarer qu'une recapitalisation des banques allemandes n'était pas nécessaire. Sous entendu, elles sont globalement bien capitalisées et une mesure générale donc aveugle n'est pas nécessaire. Le patron de la Deutsche Bank a reçu le soutien de tout le secteur allemand dans sa démarche !

En Belgique, c'est via Febelfin, la fédération des banquiers belges, qu'on sait qu'un renforcement des fonds propres n'est pas souhaité non plus. La fédération des banques belges va même plus loin, elle dit qu'il y a un danger de voir les conditions de crédits s'aggraver si on continue à trop réglementer le secteur bancaire, notamment en lui imposant une recapitalisation dont il n'a pas besoin.

Bref, le discours des banques est rodé. Oui, pour qu'on renforce les fonds propres de certaines banques, mais certainement pas de toutes les banques. Et en filigrane, une sorte de mise en garde qu'on pourrait résumer de la sorte : si vous ne nous écoutez pas, il y a aura sans doute moins de crédit disponible pour financer les entreprises et les ménages et donc au final moins de croissance. Reste à voir si les politiques vont écouter ce message ou s'ils vont le considérer comme une nouvelle forme de chantage.

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