Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/09/13 à 09:59 - Mise à jour à 09:59

Faut-il fixer un plafond au salaire des patrons des entreprises publiques ?

Jean-Pascal Labille, le ministre des Entreprises publiques a réussi à imposer un plafond de 290.000 euros bruts aux patrons des entreprises publiques ! c'est deux à 5 fois moins que ce que gagnent certains d'entre eux aujourd'hui, mais c'est selon lui, une meilleure manière de rétablir, en ces temps de crise, une cohérence entre les salaires au sein de l'entreprise.

Faut-il oui ou non fixer un plafond au salaire des Top Managers des entreprises publiques ? et si oui, quel est le montant maximal ? Jean-Pascal Labille, le ministre des Entreprises publiques proposait de fixer ce plafond à 290.000 euros bruts avec quelques exceptions notamment pour des entreprises publiques soumises à une forte concurrence internationale. Mais l'affaire était loin d'être gagnée, d'autant qu'il y a quelques jours à peine, lorsque l'actuel patron de La Poste avait été interviewé, il a clairement déclaré qu'il n'était pas question pour lui de diriger une entreprise publique si on rabotait son salaire de 1,1 million d'euros à... 290.000 euros. La question était purement théorique puisque le patron de La Poste a un contrat qui court toujours et qui sera honoré par le gouvernement, mais bien entendu cette réponse était une manière de dire que si le gouvernement voulait des gens compétents à ce niveau, il devait abandonner sa posture idéologique. Didier Reynders qu'on ne peut pas qualifier de socialiste a relancé la polémique en répondant indirectement au patron de La Poste que, si les top-managers du public veulent de gros salaires, à eux d'en tirer les conclusions: "Je n'interdis à personne de se tourner vers le privé s'il veut gagner plus d'argent... Si quelqu'un est convaincu qu'il peut devenir le nouveau Bill Gates ou Steve Jobs, qu'il y aille..." a-t-il dit en substance.

Et puis ce weekend, on a appris que finalement Jean-Pascal Labille, le ministre des Entreprises publiques a réussi à faire passer ce dossier difficile : le gouvernement fédéral a finalement trouvé un accord sur la nomination des patrons des entreprises publiques. Leur salaire sera bien limité à 290.000 euros avec éventuellement des exceptions de maximum 10% en plus de ce montant.

Plutôt fier de son coup, et il est vrai que d'autres se sont cassé les dents avant lui, Jean-Pascal Labille, le ministre des Entreprises publiques, a réagi en disant : "Plus que jamais, en ces temps de crise, il faut mettre un terme à l'indécence de certains salaires et rétablir une cohérence avec ce que gagnent les travailleurs de l'entreprise. La qualité d'un manager ne doit pas nécessairement se mesurer à la hauteur de sa rémunération, que ce soit au sein d'une entreprise publique ou d'une entreprise privée." Je ne suis pas certain que ce genre de déclaration soit nécessairement au goût des patrons du privé, voire même du public. Mais visiblement, ce montant de 290.000 euros est passé et il semble même que des candidats prêts à diriger une entreprise pour ce montant-là ne manquent pas. Ce qui serait un démenti au discours patronal...

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