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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/06/10 à 10:40 - Mise à jour à 10:40

Faut-il craindre un "scénario grec" pour la Hongrie ?

La semaine dernière, l'euro a de nouveau plongé et atteint son plus bas niveau depuis quatre ans face au dollar. Le plus étrange, dans cette baisse, c'est qu'elle a été provoquée par un pays qui n'appartient même pas à la zone euro : la Hongrie.

La semaine dernière, l'euro a de nouveau plongé et atteint son plus bas niveau depuis quatre ans face au dollar. Le plus étrange, dans cette baisse, c'est qu'elle a été provoquée par un pays qui n'appartient même pas à la zone euro : la Hongrie.

A l'origine de cette glissade de l'euro, on trouve une déclaration, une simple déclaration du porte-parole du Premier ministre hongrois, qui a annoncé que le nouveau gouvernement avait trouvé une situation budgétaire pire que prévu. Alors qu'on parlait jusqu'ici d'un déficit budgétaire de 4,5 %, un regard plus approfondi sur les comptes a démontré que ledit déficit atteignait 7 %. Ce n'est évidemment pas la même chose !

Si les marchés financiers ont mal réagi et vendu la devise européenne, c'est parce qu'ils ont déjà vécu ce scénario avec la Grèce. N'oubliez pas que le problème grec est né le jour où le nouveau gouvernement a avoué que ces prédécesseurs n'avaient pas dit la vérité et que le déficit grec était beaucoup plus calamiteux que les anciens chiffres officiels.

Il existe cependant une grosse différence entre la Grèce et la Hongrie. Même si les deux pays ont triché sur leurs statistiques officielles, le premier appartient à la zone euro, contrairement au second.

Pourquoi, dès lors, l'euro est-il affecté par l'opération vérité du gouvernement hongrois ? Les banques européennes sont très fortement exposées au risque hongrois : à hauteur de 203 milliards d'euros pour les institutions financières allemandes, 150 milliards d'euros pour leurs consoeurs françaises.

Le risque de contagion a fait paniquer les marchés. Cette mauvaise nouvelle a littéralement coupé l'appétit des investisseurs. Ne pleurons toutefois pas : si leur manque d'appétit a plombé l'euro, c'est en revanche une très bonne chose pour nos exportations.

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