Pourquoi le patron de Playmobil, 80 ans, n'arrive-t-il pas à lâcher son business ?

25/09/13 à 11:06 - Mise à jour à 11:06

Source: Trends-Tendances

En Allemagne aussi, les entreprises familiales sont prédominantes. L'hebdomadaire Der Spiegel aborde cette semaine cette caractéristique de l'économie allemande dans un dossier fouillé.

Pourquoi le patron de Playmobil, 80 ans, n'arrive-t-il pas à lâcher son business ?

© pcc.pm

Plus de 90 pour cent des entreprises allemandes sont aux mains de grandes familles. Elles représentent 60% de l'emploi en Allemagne et 51% du chiffre d'affaires. Au sein du top 500 des entreprises familiales, le taux d'emploi a augmenté de 9% de 2006 à 2010, pour atteindre 3,6 millions de travailleurs. Au sein du DAX-26, l'indice qui regroupe les 26 grandes sociétés allemandes cotées en bourse, le nombre de travailleurs a, par contre, chuté au cours de cette même période de 1,5 à 1,4 million de travailleurs. Suite à ce constat, Der Spiegel publie cette semaine un dossier qui met en avant la bonne santé des entreprises familiales allemandes.

Horst Brandstätter a ainsi fait de Playmobil, avec ses 3700 travailleurs et ses 600 millions de chiffres d'affaires, un des plus grands acteurs au monde sur le marchés des jeux pour enfants. Mais, entretemps, l'homme atteint les 80 ans et n'arrive tout simplement pas à lâcher sa société. Cette ténacité, Der Spiegel la voit autant comme un atout que comme un frein au développement des entreprises familiales. Autre critique avancée: les droits de succession inexistants. Quelqu'un qui travaille dur toute sa vie est fortement imposé sur sa fortune, ce n'est pas le cas pour une personne qui hérite d'une société familiale, alors qu'il n'existe aucune certitude que cette personne soit vraiment compétente pour reprendre le business.

Le gouvernement allemand réfléchit donc à introduire un taux d'imposition de 10 pour cent, un montant que Der Spiegel ne juge pas exagéré car si, après une carrière complète au sein d'une société familiale, une personne ne parvient pas augmenter sa plus-value de minimum 10 pour cent, il vaut mieux qu'elle la vende directement. Der Spiegel reste toutefois positif en pointant un autre grand atout des sociétés familiales : elles sont en général mieux protégées contre les récessions et ajoute que l'Allemagne, grâce à cette prédominance de sociétés aux mains de grandes familles, est aussi le leader des acteurs mondiaux au sein des marchés de niche.

W.R.

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