Le dernier tabou des entreprises familiales

07/10/13 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Source: Trends-Tendances

Pour les entreprises familiales, l'introduction d'un bailleur de fonds inconnu demeure le dernier tabou. Pourtant, celles-ci se montrent habituellement satisfaites du private equity. C'est ce que révèle une étude consacrée aux entreprises familiales et au private equity.

Le dernier tabou des entreprises  familiales

© Thinkstock

La "Journée de l'entreprise familiale" organisée chaque année à Gand vient de présenter la première étude belge consacrée au private equity dans les entreprises familiales.

Les entreprises familiales font de plus en plus souvent appel à un financement externe par des investisseurs private equity - qui mettent un capital à risque à la disposition d'entreprises non cotées en bourse. "Plus de la moitié des accords liés aux capitaux-investissements en Belgique concerne des entreprises familiales" explique Jozef Lievens, l'un des cofondateurs de l'Institut pour l'Entreprise familiale. "Pourtant, l'entrée d'un "inconnu" dans le capital reste un dernier tabou pour les entreprises familiales. Cette crainte s'explique par un manque de connaissance du private equity - on aime peu ce qui nous est inconnu.

Pour remédier à cette lacune, l'Institut pour l'Entreprise familiale et Gimv ont demandé au Centre d'étude de l'Entrepreneuriat de la Haute école - Université de Bruxelles de réaliser une étude sur les expériences d'entrepreneurs familiaux avec les partenaires du private equity. L'étude a eu lieu sous la direction du professeur Johan Lambrecht.

Pourquoi les entreprises familiales attirent-elles les private equity? Les raisons sont divergentes : le financement de la croissance par l'économie d'échelle, l'internationalisation ou les reprises revient souvent. Ou le rachat partiel d'actionnaires familiaux. Les conflits entre les actionnaires familiaux sont également évoqués comme motifs pour attirer les capitaux-investissements privés. Dans certains cas, on choisit le private equity pour faire entrer un regard neuf et critique dans l'entreprise. "Une entreprise familiale qui bénéficie d'un management professionnel, d'un business plan clair, d'un reporting transparent et d'une administration compétente qui compte par exemple des indépendants dans son Conseil d'Administration, a plus de chances d'attirer un investissement private equity" explique Jozef Lievens. "En revanche, un intérêt familial qui prime sur celui de l'entreprise ou une entreprise qui ressemble à un "one man" of "one woman" show, peut sembler plutôt dissuasif".

Investisseurs satisfaits Généralement, les entreprises familiales interrogées se déclarent satisfaites de leur collaboration avec des investisseurs private equity. Elles savent très bien que ceux-ci s'engagent dans le but explicite de se retirer après 5 à 7 ans. Cependant, les intérêts private quity dans les entreprises familiales sont très dynamiques. Il arrive que certains joueurs augmentent ou diminuent leurs intérêts, ou que de nouveaux joueurs se joignent à eux.

Karin Eeckhout

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