Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

14/08/12 à 09:29 - Mise à jour à 09:29

Etat de l'épargne après cinq ans de crise

La presse a fait le bilan de la crise : Cela fait maintenant 5 ans qu'elle dure et visiblement la porte de sortie n'est pas encore à l'horizon. Mais ce qui frappe le plus est que l'épargnant ne sait plus à quel saint se vouer.

Pourtant le Belge est l'un des plus grands épargnants au monde avec plus de 226 milliards d'euros dorment sur des livrets d'épargne qui, avec la baisse des taux, ne rapportent bien souvent qu'un maigre pourcent d'intérêt. Quand je dis un pourcent, c'est avec la prime de fidélité comprise. Il est vrai que l'épargnant peut espérer un peu plus s'il opte pour un livret uniquement disponible sur le Net, mais bon, le gain supplémentaire compense à peine l'inflation actuelle. Autrement dit, soit le rendement est négatif, soit il est nul, donc pas de quoi crier victoire !

Quant aux alternatives, elles ne sont pas légion. Il existait un moment donné les placements d'assurance en Branche 21, ces placements qui vous donnent un taux d'intérêt garanti. Mais là encore, c'est la déception parce que les assureurs baissent les uns après les autres leurs taux garantis. Il y a aussi l'option des obligations d'Etat. Mais là aussi, quand elles sont sûres, comme c'est le cas des obligations allemandes, elles ne rapportent rien. Et si elles rapportent plus, c'est qu'elles sont plus risquées. Autrement dit, vous prenez le risque de ne pas être remboursé ou avec une monnaie exotique fondante. L'or lui-même est sur une mauvaise pente depuis quelques mois, alors qu'il n'avait cessé de grimper depuis 10 ans.

Et pourquoi pas les actions ? A condition de faire le bon choix et d'avoir l'estomac bien accroché ! L'immobilier, direz-vous ? A condition de ne pas écouter ceux qui annoncent un krach immobilier en Belgique pour 2014 ! Non, finalement, ce qui frappe après 5 ans de crise, c'est la mentalité de l'épargnant qui a changé du tout au tout : Avant la crise, l'accent était mis sur le rendement. Aujourd'hui, tout est axé sur la sécurité. Les épargnants se méfient des rendements élevés, synonymes pour eux de danger et misent tout sur la préservation de leur capital.

C'est la raison pour laquelle les livrets d'épargne ont tellement la cote. Ils protègent tout juste votre capital, ils sont liquides et surtout, ils bénéficient de la protection de 100.000 euros de l'Etat. Au fond, on ne peut pas blâmer les épargnants d'être frileux, quand même les grands fonds gérés par des professionnels ne font pas mieux : quand ils achètent de la dette allemande en acceptant des taux d'intérêt négatifs, c'est qu'ils ont, eux aussi, le trouillomètre à zéro.

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