Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

20/09/10 à 10:27 - Mise à jour à 10:27

Espagne : pourquoi la correction immobilière aura bien lieu

L'immobilier espagnol va mal et pourtant, la bulle immobilière locale tarde à éclater. Les économistes se seraient-ils trompés une fois encore ? Pas du tout !

L'immobilier espagnol va mal et pourtant, la bulle immobilière locale tarde à éclater. Il semble même que la baisse des prix n'ait été que de 12 % en moyenne par rapport au sommet de l'année 2008. C'est très étonnant, car les médias n'ont pas arrêté de parler de l'éclatement de la bulle immobilière espagnole. La question est donc : les économistes se seraient-ils trompés une fois encore ?

Pas du tout ! Si l'immobilier ibère tient encore, c'est parce que beaucoup d'Espagnols ont contracté un emprunt à taux variable. Comme les taux sont très bas, parfois sous les 2 %, cela sert à la fois de bouffée d'oxygène pour ceux qui paient encore leur logement et d'incitant pour ceux qui souhaitent devenir propriétaire.

Tout cela relève néanmoins du court terme. La bulle va finir par éclater, selon le Wall Street Journal, pour au moins deux raisons.

Primo, la banque nationale d'Espagne a calculé que les banques locales sont à la tête d'un parc de 60 milliards d'euros en terrains et en logements, acquis contre la reprise des dettes. Or, de nouvelles réglementations forceront les banques à se constituer une provision à hauteur de 30 % de la valeur des biens immobiliers qu'elles possèdent, du moins si ces biens ne sont pas vendus dans les deux ans.

Un rapide calcul démontre que les banques détiennent 175.000 biens immobiliers qui n'ont pas encore été mis sur le marché mais qui le seront pour une bonne partie et feront donc baisser les prix.

Secundo, les espagnols ne pourront bientôt plus compter sur la déductibilité fiscale des taux d'intérêt de leurs prêts immobiliers. Cette déductibilité sera en effet supprimée progressivement à partir de 2011. Si vous ajoutez à cela un taux de chômage de 20 %, il est clair que l'embellie actuelle sur le marché immobilier ne sera que de courte durée.

La correction immobilière aura donc bien lieu, même si c'est plus tard. Les candidats propriétaires étrangers sont déjà l'affût. Ils savent que, dans quelques mois, il y aura des affaires à réaliser, notamment pour ceux et celles qui veulent compenser la faiblesse de leur pension par une installation sur une terre moins hostile en termes de pouvoir d'achat.

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