Volkswagen: la tricherie sur les émissions de CO2 se dégonfle pas celle des moteurs truqués

10/12/15 à 00:03 - Mise à jour à 00:03

Source: Afp

Volkswagen a finalement affirmé ne pas avoir menti sur le niveau d'émission de CO2 de 800.000 de ses voitures contrairement à ce qu'il avait admis début novembre, une volte-face soulageant le groupe qui reste cependant empêtré dans le scandale des moteurs truqués.

Volkswagen: la tricherie sur les émissions de CO2 se dégonfle pas celle des moteurs truqués

Un activiste de Greenpeace devant le siège de Volkswagen à Wolfsburg. © AFP/John MacDougall

"Après des contrôles internes et mesures complètes (...), le soupçon de manipulation illégale des données (...) ne s'est pas vérifié", a indiqué le groupe aux douze marques dans un communiqué.

Déjà embourbé depuis septembre dans un vaste scandale pour avoir truqué le moteur de onze millions de voitures pour fausser les tests anti-pollution, Volkswagen avait fait début novembre une autre révélation choc: à la faveur d'une enquête interne, le groupe avait découvert que des voitures émettaient en réalité plus de dioxyde de carbone CO2, le gaz le plus montré du doigt dans le réchauffement climatique, qu'indiqué sur leur fiche technique.

A l'époque, le constructeur avait précisé que cela pouvait concerner quelque 800.000 véhicules, y compris des voitures essence, et qu'il lui en coûterait de l'ordre de deux milliards d'euros. Ces charges n'ont désormais plus lieu d'être, indique Volkswagen, qui n'exclut toutefois pas un éventuel "impact économique mineur".

"Bonne nouvelle"

Par ricochet, un soupçon de fraude fiscale, qui faisait l'objet d'une enquête de la justice allemande - le prix de la vignette automobile étant lié au niveau d'émission de CO2 de la voiture - devrait s'évaporer aussi.

Les derniers contrôles réalisés ont quand même trouvé "de légères déviations de mesure sur seulement neuf modèles de la marque Volkswagen", représentant un petit 0,5% de sa production annuelle, poursuit le groupe.

Ces modèles vont être réexaminés par un service technique indépendant pour vérifier s'ils présentent bien une variation "de quelques grammes de CO2 en moyenne" (émis par kilomètre) par rapport à ce qui est inscrit dans leurs fiches techniques.

Les marques Audi, Skoda et Seat vont avoir recours à une procédure similaire sur certains modèles.

La nouvelle a donné des ailes à l'action Volkswagen à Francfort. Elle s'est envolée de 6,17% mercredi, et a ainsi repris la moitié des 40% perdus en quelques jours en septembre.

Michael Punzet, analyste chez DZ Bank, a parlé mercredi d'une "bonne nouvelle" sur le CO2. Tout de même ces flux d'informations contradictoires "pourraient peser négativement sur l'image de VW", juge-t-il.

L'autre scandale persiste

L'analyste souligne aussi que "cela n'a aucun lien avec le problème de la tricherie sur les émissions polluantes" d'oxydes d'azote (NOx). Mis en cause par les autorités américaines, Volkswagen a admis en septembre avoir équipé onze millions de véhicules, y compris et surtout en Europe, d'un logiciel pouvant fausser la mesure du NOx.

La facture cumulée de la remise aux normes des véhicules, avec un gigantesque rappel organisé à partir de janvier, du dédommagement des clients américains concernés, et des multiples procès et amendes auxquels le groupe risque d'être confronté, n'est pas encore connue. Volkswagen a déjà provisionné 6,5 milliards d'euros pour y faire face, ce qui a fait tomber ses résultats dans le rouge au trimestre dernier, pour la première fois depuis quinze ans.

Si le dégonflement de la tricherie sur le CO2, "affaire dans l'affaire", devrait apporter un petit répit au nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, c'est essentiellement sur le scandale des moteurs truqués qu'il devrait être interrogé jeudi, lors d'une conférence de presse à Wolfsburg (nord).

Il devrait y faire un point notamment sur la recherche menée en interne des responsables de l'affaire, et la stratégie du groupe pour en sortir. Celle-ci prévoit en tout cas un renouveau de la direction, qui s'est poursuivi mercredi avec la nomination d'un nouveau directeur du personnel Karlheinz Blessing, syndicaliste d'IG Metall, et de deux nouveaux membres du directoire de la marque Volkswagen.

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