Voitures de société : la fin du mythe en 5 leçons

12/06/12 à 15:55 - Mise à jour à 15:55

Source: Trends-Tendances

Les voitures de société sont mal vues. En cause : l'image du gros SUV qui file sur l'autoroute de la mer... et un manque de chiffres sur ce marché. Une nouvelle étude se charge de les démystifier. En voici les 5 points-clés.

Voitures de société : la fin du mythe en 5 leçons

Elles sont bien mal vues, les voitures de société, et subissent tous les deux ans de nouvelles mesures fiscales. Cette sollicitude doit beaucoup à une image peu flatteuse du gros SUV qui file sur l'autoroute de la mer, à plus de 140 km/h... et aussi à un manque de chiffres sur ce marché.

Consciente de ce problème de relations publiques, plusieurs fédérations automobiles ont demandé à une entreprise indépendante, KPMG, de dresser un portrait chiffré et fiscal de la voiture de société. Son Rapport d'étude Company vehicles, une notion aux multiples facettes, arrive un peu tard - trop tard par rapport aux mesures fiscales adoptées à partir de janvier dernier. Mais il reste fort utile. Nous pêchons quelques thèmes en cinq questions.

1. Une voiture sur deux en Belgique est une voiture de société

Faux. Ce serait plutôt une voiture sur sept. Le parc national compte 5,3 millions de voitures, dont 770.321 voitures de société. Cela ressort des données dont dispose la SPF Mobilité et Transports. Et les voitures de société utilisées à titre privé représentent environ 350.000 voitures (qui créent un avantage en nature taxable pour leurs bénéficiaires). Le parc compte en outre 4,2 millions de voitures privées et 324.497 véhicules détenus par des indépendants (avocats, médecins, commerçants, etc.).

2. Une voiture de société roule plus qu'un véhicule détenu par une personne privée

Oui, un peu. La voiture d'une personne active professionnellement, qui possède son véhicule, parcourt en moyenne 28.858 km par an, tandis que son homologue disposant d'une voiture de société en fait 29.596 km. L'écart est nettement plus important si l'on compare l'usager moyen d'une voiture de société avec le kilométrage moyen des voitures en Belgique. Car le parc comprend beaucoup de véhicules utilisés par des personnes non actives professionnellement, qui roulent peu. Une inactif parcourt en moyenne 13.985 km par an.

3. Les voitures de société sont de grands véhicules

Non, mais... Près de la moitié des voitures de société sont des véhicules petits ou moyens. Mais le véhicule moyen est plus grand, incontestablement. On dénombre 11,97 % de SUV parmi les voitures de société, contre 4,4 % parmi les voitures privées, et 3,99 % de voitures "ultra-sportives", contre 0,6 % dans les voitures privées. Ce sont surtout les petits modèles qui connaissent un succès dans la catégorie des SUV (type Nissan Qashqai ou BMX X1).

4. Le régime fiscal de la voiture de société reste intéressant par rapport aux pays voisins

Oui. KPMG a dressé une comparaison pour un célibataire sans enfant, qui dispose d'une VW Golf TDI 90 Trendline, gagne 50.000 euros par an (brut), ne paie pas de contribution pour sa voiture et dispose d'une carte de carburant. Il paiera, pour l'usage du véhicule, 716 euros d'impôt supplémentaire en Belgique, contre 2.020 euros en Allemagne, 1.227 euros en France, 2.704 euros aux Pays-Bas et 2.139 euros en Grande-Bretagne.

5. La voiture de société est largement distribuée dans tous les secteurs

Faux. Les voitures de société sont concentrées dans certains secteurs comme la consultance, où 67 % des salariés dispose d'un véhicule de ce type, les services aux entreprises (66 %), l'informatique (59 %) et la construction (48 %). Elle est peu présente dans la finance (17 %) et les administrations publiques (8 %) et quasi absente dans l'enseignement (2 %). Ces données émanent d'une enquête d'Indigov, spin-off de la KULeuven, qui a procédé à un sondage fin 2011.

Robert van Apeldoorn

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