Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/09/17 à 11:44 - Mise à jour à 11:47

Voiture autonome: mieux vaut tuer un chat qu'un être humain

Les Allemands viennent de publier le premier code éthique pour les voitures sans chauffeur. On y apprend par exemple qu'il vaut mieux tuer un animal domestique ou provoquer des dégâts matériels plutôt que de tuer des êtres humains. Il y a d'autres aspects plus surprenants encore...

Voiture autonome: mieux vaut tuer un chat qu'un être humain

© Getty Images/iStockphoto

A force de nous parler des voitures autonomes, les fameuses voitures sans chauffeur, nous nous sommes préparés psychologiquement à les voir défiler sur nos routes à l'horizon 2020 ou 2025. Du moins, si l'on en croit les déclarations de certains constructeurs automobiles. On ne sait d'ailleurs pas si ces déclarations sont sincères ou sont plutôt de la publicité déguisée.

En attendant, les gouvernements nationaux doivent se préparer à l'arrivée de cette nouveauté technologique. Les questions éthiques que l'arrivée de ces voitures sans chauffeur posent ne sont pas toujours simples à régler.

Que se passe-t-il, par exemple, si l'algorithme de la voiture autonome détecte 5 piétons qui traversent sans crier gare ? La voiture autonome doit-elle accepter de les faucher ou doit-elle braquer le volant et choisir de heurter un mur ou un platane en tuant son passager et donc le propriétaire de la voiture ?

Ce genre de question a souvent été posée, car elle suscite un débat. La bonne nouvelle, c'est que des experts allemands viennent de remettre un rapport au ministre allemand des Transports. C'est la première fois qu'un tel rapport sur les conséquences de l'arrivée de la voiture autonome est publié dans le monde.

Premier constat de ce rapport : l'homme, l'être humain, doit rester prioritaire dans le cadre de la voiture autonome. Autrement dit, il vaut mieux tuer un animal domestique ou un animal sauvage qu'un être humain. Traduction : la voiture autonome de demain tuera un chaton ou un renard qui traverse la route mais ne braquera pas brusquement le volant afin de ne pas tuer son passager.

Partager

L'algorithme de la voiture autonome devra toujours faire passer la sécurité de l'être humain avant tout.

Même chose si la voiture autonome doit causer des dégâts matériels considérables, elle n'hésitera pas à le faire si cela peut sauver la vie de son ou de ses passagers.

En clair, l'algorithme de la voiture autonome devra toujours faire passer la sécurité de l'être humain avant tout. Deuxième principe de ce rapport : en cas d'accident inévitable, la voiture autonome ne peut pas choisir sa ou ses victimes.

Autrement dit, pas question de dire je sacrifie les plus vieux au profit des plus jeunes, ou les femmes au profit des hommes ou un invalide au profit d'un valide. Bref, aucune caractéristique personnelle ne doit être prise en compte.

Et puis, autre principe épinglé par ce rapport : il faudra insérer une boite noire au sein de la voiture autonome pour enregistrer les actions du véhicule. Cela permettra de définir clairement qui est responsable en cas d'accident : est-ce l'homme ou la machine ?

Evidemment, on pourrait se poser la question: qui voudrait acheter une voiture qui serait programmée pour le tuer pour sauver d'autres vies si elles sont, par exemple, plus nombreuses ? Lorsqu'ils sont sondés, les automobilistes disent qu'il faut choisir le moindre coût humain bien entendu, mais lorsqu'ils sont dans la voiture en question, leur réponse n'est plus aussi affirmative! Cette réaction est normale. On parle toutefois de quelques cas mineurs, car ne l'oublions pas, la voiture autonome devrait en principe être nettement plus sûre qu'une voiture conduite par un humain.

Les gouvernements le savent et ils n'ont pas d'autre choix que d'imposer à l'avenir les voitures autonomes. Car, s'ils ne le font pas, il n'y aura pas de voitures autonomes et nous ne diminuerons pas le nombre de morts sur nos routes. C'est un dilemme difficile à trancher pour nos gouvernants et dont on parle trop peu. Le rapport allemand devrait leur faciliter la tâche, mais à condition qu'ils le lisent rapidement et l'adaptent (ou pas) à la Belgique.

En savoir plus sur:

Nos partenaires