Venezuela: un général à la tête du géant pétrolier PDVSA

27/11/17 à 10:26 - Mise à jour à 10:48

Source: Afp

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a renforcé le pouvoir de l'armée dans le pays en nommant dimanche un général ministre du Pétrole et patron de la très stratégique compagnie pétrolière PDVSA, secouée par de graves affaires de corruption et déclarée en défaut partiel.

Venezuela: un général à la tête du géant pétrolier PDVSA

Une raffinerie de la compagnie vénézuélienne PDVSA. © Reuters

A lire aussi: PDVSA, un joyau pétrolier loin de son âge d'or

Le général Manuel Quevedo devient, à compter de dimanche, président de "notre bien aimée PDVSA", avec à la clé une promesse de "restructuration totale" de ce groupe, a déclaré M. Maduro.

Le chef de l'Etat a en outre désigné à la tête du ministère du Commerce extérieur le capitaine Jose Vielma Mora.

Avec ces nominations, ce sont désormais 14 ministres sur 32 qui sont des militaires d'active ou à la retraite, faisant de l'armée le principal allié du président socialiste, très impopulaire, dont le mandat s'achève en janvier 2019.

Avec cette nomination, "les militaires ont atteint la dernière frontière du pouvoir au Venezuela", estime l'analyste Rocio San Miguel.

Manuel Quevedo, un général de la Garde nationale, a été jusqu'à présent ministre du Logement. Il remplace Nelson Martinez à la tête de PDVSA et Eulogio Del Pino aux fonctions de ministre du Pétrole.

La Force armée nationale bolivarienne (FANB), qui joue également un rôle essentiel dans les autres secteurs économiques stratégiques du pays, comme la distribution de nourriture, jure régulièrement "loyauté absolue et inconditionnelle" à Nicolas Maduro.

Une chaîne de télévision, une banque, une usine d'assemblage de voitures et un groupe de construction font partie des entreprises contrôlées par les militaires vénézuéliens. A cette liste s'ajoute la Compagnie anonyme militaire des industries minière, pétrolière et gazière (Camimpeg) créée en 2016.

La Camimpeg a les mêmes fonctions que PDVSA (Petroleos de Venezuela): réhabiliter et entretenir les puits, vendre et distribuer des produits dans les domaines des mines, du pétrole et de la pétrochimie et du gaz.

L'opposition critique la large participation des militaires au sein du gouvernement et leur "politisation". "La pire erreur de (Hugo) Chavez a été de sortir les militaires de leurs casernes. Qui va les y renvoyer ?", avait déclaré l'an dernier Henry Ramos Allup, vétéran de la politique et ex-président du Parlement.

Scandales

Le président socialiste a fixé comme principal objectif d'"augmenter la production" vénézuélienne de brut, actuellement de 1,9 million de barils/jour contre 2,27 millions de barils/jour en 2016.

Les experts attribuent cette baisse au faible niveau des investissements dans les infrastructures.

Combinée à la chute des cours du pétrole, elle a entraîné dans une profonde crise économique le Venezuela, dont les réserves d'"or noir" sont les plus élevées du monde,

"Nous allons procéder à une restructuration totale de PDVSA", a déclaré le président Maduro.

Cette annonce intervient après une série de scandales de corruption liés à l'industrie pétrolière au Venezuela.

Les autorités vénézuéliennes ont arrêté mardi le président de Citgo, une filiale américaine de PDVSA, José Angel Pereira et cinq de ses vice-présidents notamment pour corruption présumée, association de malfaiteurs et blanchiment d'argent.

Le lendemain, Nicolas Maduro a nommé président de Citgo un cousin de son défunt prédécesseur Hugo Chavez.

Ces arrestations coïncident avec les difficultés du Venezuela à rembourser dans les temps à la fois sa dette souveraine évaluée à 150 milliards de dollars et celle de PDVSA, qui en représente à elle seule 30%.

Les avertissements des agences de notation se succèdent, depuis que S&P et Fitch ont constaté un défaut partiel de l'Etat vénézuélien et de sa compagnie pétrolière.

S&P Global Ratings a constaté l'incapacité du Venezuela à honorer deux nouvelles échéances.

Citgo, créée en 1910 sous le nom de Cities Service, possède trois raffineries de pétrole aux Etats-Unis, au Texas, en Louisiane et dans l'Illinois, dont la capacité de production quotidienne est de 750.000 barils, trois oléoducs et des actions dans trois autres.

Nos partenaires