Une amende colossale coule le PDG de MTN, géant de la téléphonie

09/11/15 à 12:38 - Mise à jour à 12:37

Source: Afp

Le PDG du géant de la téléphonie mobile sud-africain MTN, Sifiso Dabengwa, a démissionné lundi, après la colossale amende de 5,2 milliards de dollars infligée au groupe par le Nigeria, a annoncé lundi la société.

Une amende colossale coule le PDG de MTN, géant de la téléphonie

© Reuters

"En raison des circonstances actuelles très fâcheuses chez MTN Nigeria, j'ai, dans l'intérêt de la compagnie et de ses actionnaires, remis ma démission avec effet immédiat", a déclaré Sifiso Dabengwa.

MTN, la plus grande société de téléphonie d'Afrique, a été condamnée fin octobre pour n'avoir pas débranché à temps les cartes SIM dont les propriétaires ne s'étaient pas identifiés au Nigeria.

Le PDG démissionnaire a été remplacé temporairement par Phuthuma Nhleko, PDG de MTN de 2002 à 2011 et actuellement président du conseil d'administration du groupe à titre non exécutif, a annoncé la société lundi.

Phuthuma Nhleko, 55 ans, a accepté d'occuper le poste de PDG pour "une période maximale de 6 mois, le temps que la compagnie identifie un successeur à M. Dabengwa", selon un communiqué.

"Je vais assumer les responsabilités de PDG pour les six prochains mois dans la mesure où j'ai régulièrement à faire avec le régulateur nigérian et je continuerai à travailler avec lui pour résoudre, dans un souci d'urgence, les problèmes liés aux abonnés non inscrits".

Début août, le régulateur des télécommunications du Nigeria (NCC) avait enjoint aux sociétés de téléphonie mobile dans ce pays de désactiver toutes les cartes SIM dont les détenteurs ne s'étaient pas identifiés dans un délai de sept jours, faute de quoi elles encouraient de lourdes sanctions.

MTN, qui avait plus de 62,8 millions d'abonnés au Nigeria au deuxième trimestre 2015, n'a pas respecté ce délai et s'est vu infliger une amende de 1.000 dollars pour chacun de ses clients non identifiés.

Cette amende a entraîné une chute de 17,5% du cours des actions de MTN à la Bourse de Johannesburg, depuis le début de l'affaire, il y a deux semaines. Lundi matin, l'action a chuté de 1,71% à l'ouverture de la Bourse de Johannesburg.

"Il s'agit d'une entreprise qui traverse une crise profonde", et cette démission devrait envoyer un signal positif au marché, a réagi une analyste, Dianna Games, de la Chambre de commerce nigériano-sud-africaine.

"Rien ne laisse penser que la NCC va réduire l'amende. Cette démission est peut-être l'indication que cela ne va pas se produire parce que M. Dabengwa était au Nigeria pour négocier avec le régulateur" en vue de réduire l'amende, a-t-elle ajouté à l'AFP.

Dianna Games avance plusieurs raisons pour l'amende infligée à MTN. "Le gouvernement nigérian est en crise à cause de la chute des cours du pétrole. 5,2 milliards de dollars vont être une importante source de revenus", a-t-elle expliqué.

Le nouveau président nigérian Muhammadu Buhari a aussi "présenté comme une priorité les questions de sécurité. (...). Des groupes comme Boko Haram pourraient utiliser des cartes SIM non enregistrées pour conspirer", a-t-elle poursuivi.

MTN est aussi dans le collimateur de la Bourse de Johannesburg, qui a annoncé fin octobre l'ouverture d'une enquête sur de "possibles délits d'initiés" au sein du groupe dans le cadre de l'affaire nigériane.

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