"Un grand patron qui n'aimait pas trop la contradiction"

23/12/13 à 14:30 - Mise à jour à 14:30

Source: Trends-Tendances

Arrivé au terme de son deuxième mandat et soutenu par son conseil d'administration pour une reconduction à la tête de bpost, Johnny Thijs, l'administrateur délégué de l'entreprise postale, a finalement décidé de ne pas se présenter pour un troisième mandat, sur fond de discorde avec le gouvernement qui souhaite limiter le salaire de ses hauts dirigeants.

"Un grand patron qui n'aimait pas trop la contradiction"

© belga

"C'était un grand patron même s'il n'aimait pas trop la contradiction", a réagi André Blaise, responsable poste à la CSC-Transcom. "D'un point de vue financier, il s'en est bien sorti alors que plusieurs administrateurs délégués avant lui se sont fourvoyés. Par contre, d'un point de vue social, des milliers d'emplois sont passés à la trappe et la productivité a explosé", a poursuivi le représentant du syndicat chrétien.

"Le bilan de Johnny Thijs chez bpost est mitigé", a de son côté estimé Jozef De Doncker (CGSP).

Quoi qu'il en soit, les syndicats ne sont pas rassurés par ce départ, alors que les négociations relatives à une nouvelle convention collective de travail doivent débuter le mois prochain. "L'incertitude créée par la situation n'est pas un cadeau de Noël pour nous", a poursuivi le responsable du syndicat socialiste.

Inquiétude identique du côté de la CSC où l'on se demande de quelles conditions seront assorties les futures négociations et quel agenda sera défini. "Il est préférable que l'incertitude ne dure pas trop longtemps car le personnel attend vraiment quelque chose de cette nouvelle convention", a ainsi souligné Lieve Van Overbeke.

Le syndicat libéral regrette "une occasion ratée" Avec le départ de Johnny Thijs de bpost, "le gouvernement Di Rupo a raté une chance pour responsabiliser davantage les CEO des entreprises publiques", a réagi lundi le syndicat libéral de la fonction publique.

"Au lieu de banaliser cette fonction, comme cela a été fait tout récemment, l'opportunité n'a pas été saisie pour notamment lier le salaire des CEO à des objectifs de création d'emplois ou de chiffre d'affaires tout en tenant compte de l'écart salarial entre les travailleurs", regrette le SLFP dans un communiqué.

"Un CEO responsable de quelques milliers de personnes doit-il gagner autant que son collègue qui gère des dizaines de milliers de personnes? Et ne devrait-on pas créer une formule afin de l'obliger à maintenir le taux d'emploi voire même de l'augmenter? ", s'interroge encore le syndicat qui propose également de tenir compte du salaire du travailleur le moins bien rémunéré de l'entreprise pour fixer le salaire de son patron.

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