"Un croissant fertile de brevets de Louvain-la-Neuve à Leuven"

11/09/13 à 14:01 - Mise à jour à 14:01

Source: Trends-Tendances

Si le Brabant wallon a un PIB par habitant supérieur de 30 % à la moyenne européenne, c'est en bonne partie grâce à l'UCL, estime son recteur, Bruno Delvaux.

"Un croissant fertile de brevets de Louvain-la-Neuve à Leuven"

Les universités estiment toutes jouer un rôle important dans leur région. L'Université catholique de Louvain n'est pas en reste, forte de son parc scientifique (le premier créé dans le pays) et de ses spin-off (IBA, I.R.I.S., etc.). Son recteur, Bruno Delvaux, soutient que la création d'une ville universitaire en 1971 à Louvain-la-Neuve a contribué à la reconversion du Brabant wallon, naguère plutôt agricole et industriel. La démonstration n'est pas étrangère à la perspective d'une révision du financement des universités francophones d'ici 2016...

TRENDS-TENDANCES. Avez-vous pu mesurer l'impact de l'UCL sur Louvain-la-Neuve, son site principal ?

Bruno Delvaux. Cela fait un peu plus de 40 ans qu'a eu lieu le transfert de Leuven à Louvain-la-Neuve, nous avons donc un recul suffisant. Si l'on prend le critère du PIB par habitant, le Brabant wallon est passé de 101 à 131 % de la moyenne européenne entre 1999 et 2010. La province connaît un développement supérieur à la moyenne européenne. Et supérieur à celui de la Wallonie en général, qui passe de 84 à 88 % sur la même période. Si l'on prend en compte les brevets par habitant, on constate qu'il y a un véritable croissant fertile autour de Bruxelles, de Louvain-la-Neuve à Leuven. Une zone aussi prolifique que les bassins d'Oxford et de Cambridge, et davantage que n'importe quel land allemand ou région française.

Et c'est dû à l'impact de l'Université ?

Oui. Il faut voir cela dans une perspective historique. Le Brabant wallon était surtout une région agricole ayant un passé industriel, avec les Forges de Clabecq notamment. L'Université a permis une reconversion vers les technologies, vers des secteurs tournés vers l'avenir. Le professeur Michel Quevit a analysé tout cela, en étudiant l'évolution du PIB par habitant. Il a aussi analysé les universités qui ont produit des effets similaires dans leur région dans plusieurs pays. L'UCL se situe, de ce point de vue, au niveau de Stanford ou du MIT aux USA, de l'Université à Bocconi à Milan ou de l'Université de Freiburg en Allemagne.

Faut-il comprendre par-là que les autres universités wallonnes n'ont pas le même impact ?

Il est différent car, ici, nous sommes partis de zéro, dans une zone rurale et un peu industrielle. A une heure un peu noire et sombre, ce sont des informations qui doivent donner du moral à nos politiques. Les inciter à donner davantage d'impulsion à la recherche, à sa valorisation...

Si je vous suis bien, il suffirait de créer des universités en rase campagne ?

Un exemple n'est pas l'autre. Il est vrai qu'une université coincée dans une ville n'a pas le même impact.

Retrouvez l'interview complète dans le magazine Trends/Tendances du 5 septembre 2013.

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