Trump : 5.000 emplois menacés en Belgique

24/01/17 à 06:17 - Mise à jour à 06:37

Source: Afp

Si le nouveau président américain Donald Trump instaure des droits de douane plus élevés comme il l'a promis, de 1.200 à 5.000 emplois belges seraient en péril, écrit De Tijd mardi. Le nouveau président marque la rupture avec Obama sur le libre-échange.

Trump : 5.000 emplois menacés en Belgique

© Reuters

Ces mesures protectionnistes pourraient également coûter de 0,1 à 0,42% de croissance à l'économie belge, selon des simulations effectuées par Hylke Vandenbussche, professeur d'économie internationale à la KU Leuven. Les Etats-Unis appliquent actuellement une taxe moyenne de 2,1% sur les importations européennes. Donald Trump a annoncé son intention de faire grimper ce taux à 5%, voire 15% temporairement. La Belgique exporte directement et indirectement quelque 8,2 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) vers les Etats-Unis. Ces activités représentent environ 54.000 postes, soit 1,2% de l'emploi dans le pays.

La rupture avec Obama

Comme annoncé durant sa campagne, Donald Trump a entamé sa présidence en signant l'acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP), dont l'administration de Barack Obama avait fait l'une de ses priorités. Après un premier week-end chaotique au cours duquel ses opposants ont fait une démonstration de force dans la rue et son porte-parole a été accusé de mensonge, le président républicain veut agir vite. "Nous en parlions depuis longtemps", a-t-il déclaré aux journalistes présents lors de la signature lundi dans le Bureau ovale, jugeant que le retrait du TPP était "une bonne chose pour le travailleur américain".

Vu comme un contrepoids à l'influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d'âpres négociations par 12 pays d'Asie-Pacifique représentant 40% de l'économie mondiale. Mais le texte, qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières, n'était pas encore entré en vigueur, en l'absence de ratification par le Congrès américain.

"Le TPP tel que nous le connaissions n'est plus sur la table", a commenté le ministre chilien des Relations extérieures, Heraldo Munoz, depuis le Chili. Son gouvernement a invité les ministres des Affaires étrangères et du Commerce des pays signataires de l'accord, ainsi que la Chine et la Corée du Sud, à une réunion à la mi-mars pour étudier les conséquences du retrait des Etats-Unis du TPP. Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a reconnu que la Chine était "un grand marché pour les Etats-Unis", mais il a prévenu que le commerce devait "marcher dans les deux sens".

- Après le TPP, l'Aléna -

Sans perdre de temps, le président républicain entend redessiner les contours des accords commerciaux, certains anciens, liant les Etats-Unis au reste du monde. Il a annoncé dimanche qu'il allait commencer à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec les dirigeants du Canada et du Mexique qu'il doit voir prochainement. Une rencontre avec son homologue mexicain Enrique Peña Nieto est notamment prévue le 31 janvier. Ce denier a indiqué lundi qu'il ne souhaitait "ni confrontation, ni soumission", appelant au dialogue et à la négociation avec les Etats-Unis.

M. Trump, qui a promis durant sa campagne de construire un mur frontalier entre son pays et le Mexique financé par Mexico, a dit espérer de "très bons résultats" avec ce pays sur les questions d'immigration et de sécurité.

Le Canada, "grand partenaire des Etats-Unis depuis aussi longtemps que l'on puisse se rappeler" n'a de son côté pas trop à s'en faire, a assuré un conseiller de M. Trump, Stephen Schwarzman, après un entretien avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Au-delà du TPP, Donald Trump a signé deux décrets qui illustrent avec force la direction qu'entend prendre la nouvelle administration: le gel des embauches de fonctionnaires au niveau fédéral, qui ne s'applique cependant pas au personnel militaire, et l'interdiction du financement par des fonds fédéraux d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement.

Cette dernière décision, prise au lendemain du 44e anniversaire de "Roe V. Wade", l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement aux Etats-Unis, a suscité la colère des démocrates et des organisations de défense des libertés.

- Haro sur la réglementation -

Recevant 12 dirigeants d'entreprise à la Maison Blanche lundi matin, il leur a promis des baisses "massives" d'impôts et a affiché sa volonté de réduire la réglementation "de 75%, peut-être plus", sans donner la moindre précision sur la nature exacte des réformes envisagées. A court terme, il devrait cependant se heurter à un obstacle de taille: son équipe est loin d'être opérationnelle.

Seuls trois membres de son administration -James Mattis à la tête du Pentagone, John Kelly secrétaire à la Sécurité intérieure et Mike Pompeo, nommé directeur de la CIA- ont à ce jour été confirmés par le Sénat. Mais la voie semble désormais dégagée pour l'un des principaux d'entre eux: Rex Tillerson, ancien patron d'ExxonMobil, choisi pour diriger la diplomatie américaine. Marco Rubio, dernier sénateur républicain qui était indécis, a annoncé lundi qu'il ne s'opposerait pas à sa nomination à la tête du puissant département d'Etat.

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