Trace : faut-il transférer ses activités au privé ?

22/03/11 à 08:51 - Mise à jour à 08:51

Source: Trends-Tendances

Après avoir fait le ménage au sein de la société d'intérim Trace, le ministre wallon de l'Emploi transférera-t-il ses activités au secteur privé ? C'est le souhait du MR wallon : "Il n'y a plus de raison que la Région wallonne détienne une société qui organise les activités intérimaires alors qu'il y a beaucoup d'autres opérateurs sur le marché."

Trace : faut-il transférer ses activités au privé ?

© Belga

Les dernières révélations à propos d'une opération financière réalisée par Trace ont excédé le gouvernement wallon, qui a décidé de renouveler la composition du conseil d'administration de cette société d'intérim à l'actionnariat presque exclusivement public, a expliqué lundi André Antoine, ministre wallon de l'Emploi, en réponse à une question orale Manu Disabato (Ecolo).

Le quotidien Le Soir a révélé ce week-end l'existence d'un emprunt de 2,7 millions d'euros contracté au nom de Trace auprès d'une agence bancaire de Paliseul. L'opération, qui a interpellé les auditeurs de la société, était censée rapporter de l'argent mais à l'arrivée, elle lui en a coûté. Elle s'ajoute au climat social particulièrement tendu au sein de la société (54 licenciements et 70 démissions en trois ans), une politique de sponsoring d'événements onéreuse et des pertes importantes (1,4 million d'euros en 2009 et 1,1 million en 2010).

"Dans mon esprit, c'était la goutte qui a fait déborder le vase et c'était le moment de siffler la fin de la récréation", a souligné André Antoine. Désormais, les quatre partis politiques seront représentés au sein du conseil d'administration. Ecolo y fera donc son retour.

Puisque l'actionnariat de la société est détenu à 98 % par la Région wallonne et que le ministre de l'Emploi est amené à se justifier au Parlement de la gestion de Trace, André Antoine estime que la présidence de ce son conseil doit revenir à quelqu'un qui soit "proche" de son cabinet.

Quant à la gestion passée, il souhaite que toute la lumière soit faite, notamment sur l'emprunt contracté à Paliseul, et qu'au besoin, des sanctions disciplinaires soient prises et des faits dénoncés à la justice.

Manu Disabato a regretté qu'à ce stade, rien n'ait été annoncé quant au directeur général de Trace, Tindaro Tassone, dont la gestion est décriée par les syndicats. "Le directeur général n'est pas un employé du gouvernement mais celui d'une société privée, a répliqué André Antoine. Je souhaite que le nouveau conseil puisse faire toute la lumière, ramener la sérénité sociale et prendre toutes les mesures qui s'imposent."

Le ministre entend par ailleurs utiliser la possibilité que lui réserve un décret de céder jusqu'à 20 % du capital de Trace à un partenaire privé. Actuellement, seul Ethias est actionnaire de la société pour une part d'à peine 2 %.

Trace : "Il est temps de transférer ces activités au secteur privé !"

Il est temps que les activités exercées par Trace soient transférées au secteur privé, a estimé Willy Borsus, chef de groupe MR au Parlement wallon, après la révélation de certaines informations relatives à la gestion de cette société et la décision prise par le gouvernement wallon de révoquer son conseil d'administration.

Selon lui, les conflits entre personnes et les erreurs de gestion ont conduit Trace et ses 900 travailleurs à une situation précaire : "Cette entreprise est en danger. Sa structure financière est compromise et son image est détériorée. Aujourd'hui, il faut sauver l'emploi des 900 personnes qui y travaillent, comme employés ou dans le cadre des titres-services."

Cet avenir passe par un transfert à des partenaires privés, selon lui : "Cette garantie ne passe plus par une propriété publique. Il n'y a plus de raison que la Région wallonne détienne une société qui organise les activités intérimaires alors qu'il y a beaucoup d'autres opérateurs sur le marché."

Trends.be, avec Belga

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