Surmenage reconnu dans le suicide d'un ouvrier du stade Olympique de Tokyo

11/10/17 à 11:48 - Mise à jour à 11:48

Source: Afp

Le suicide d'un ouvrier de 23 ans, qui travaillait sur le chantier du stade Olympique de Tokyo, a été reconnu par l'administration comme étant dû à un nombre excessif d'heures de travail, selon l'avocat de sa famille.

Surmenage reconnu dans le suicide d'un ouvrier du stade Olympique de Tokyo

© Reuters

Ce drame fait partie d'une série de cas similaires mis au jour ces derniers mois au Japon dans différents secteurs. Le jeune ouvrier en bâtiment, qui avait été engagé en décembre, avait accumulé 200 heures supplémentaires sur le mois ayant précédé la découverte de son corps en avril.

Le bureau du Travail, qui dépend du ministère du Travail et de la Santé, a conclu que le jeune homme était devenu mentalement malade "en raison d'heures de travail excessives sur le stade Olympique", a déclaré l'avocat Hiroshi Kawahito dans un communiqué envoyé à l'AFP.

Le jeune homme, dont le nom n'est pas dévoilé, a disparu en mars, laissant un mot où il disait avoir "atteint la limite physique et mentale".

Ses parents avaient déposé en juillet une demande de dédommagements. Ils avaient aussi exigé auprès du gouvernement que la perte de leur fils soit reconnue en tant que cas de "karoshi" ou mort par excès de travail, dont sont victimes des centaines de personnes par an dans l'archipel, terrassées par une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou poussées au désespoir.

Les parents de l'ouvrier ont remercié le bureau du Travail pour sa décision mais ont dit avoir "le coeur brisé" de n'avoir pu sauver leur enfant. "Le chagrin de ne plus jamais voir son sourire ne guérira jamais pour nous".

Le Japon édifie à marche forcée le principal site de la plus grande compétition sportive mondiale, après des déconvenues qui ont retardé la construction de cet équipement.

La semaine dernière, la chaîne de télévision publique japonaise NHK s'était excusée auprès des parents d'une de ses jeunes journalistes morte d'un malaise cardiaque en 2013, alors qu'elle venait d'accumuler 159 heures supplémentaires en un mois.

En décembre, le patron de la plus grande agence publicitaire japonaise Dentsu avait démissionné à la suite du suicide d'une jeune recrue qui accomplissait de manière régulière plus de 100 heures supplémentaires par mois.

La mort de la jeune Matsuri Takahashi avait fait beaucoup de bruit au Japon, conduisant le gouvernement à limiter les heures supplémentaires à un maximum de 100 heures par mois, un nombre encore beaucoup trop élevé selon certains.

La durée légale de travail est au Japon de 40 heures par semaine, complétée par un plafond théorique de 45 heures supplémentaires par mois qui vole en éclats quand existe un accord d'entreprise.

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