Sur 10 ans, Omega Pharma a payé 1,1 milliard en salaires et 237 millions d'impôts

14/11/14 à 07:30 - Mise à jour à 07:25

La revente d'Omega Pharma avec, à la clé, une plus-value non imposée de 1,5 milliard d'euros pour son fondateur Marc Coucke, fait débat. Pascal Flisch, de B-Information, a analysé la contribution du groupe à l'économie. Omega Pharma a payé en moyenne 20 à 22% d'impôts, dit-il.

Sur 10 ans, Omega Pharma a payé 1,1 milliard en salaires et 237 millions d'impôts

Marc Coucke, CEO d'Omega Pharma. © Belga

Voici quelques jours, Marc Coucke, le fondateur d'Omega Pharma, annonçait la revente de son entreprise au groupe américano-irlandais Perrego. Une opération qui lui a permis d'empocher une plus-value non imposée de 1,45 milliard d'euros.

Certains ont fait mine de redécouvrir cette caractéristique bien connue de notre fiscalité : la Belgique n'impose pas en effet les plus-values si l'acquéreur est européen (ce qui est le cas puisque Perrego est irlandais). Toutefois, pour ajouter un élément au débat, on pourrait se demander ce qu'Omega Pharma a apporté à notre économie. "En Belgique, l'entreprise emploie 300 personnes environ, apporte un chiffre d'affaires, des salaires des contributions fiscales,.." souligne Pascal Flisch, le directeur de la société spécialisée en informations financières B-Information, qui était interrogé ce vendredi matin sur La Première.

Pascal Flisch ajoute toutefois qu'il faut être très prudent. Certes, Marc Coucke, résident fiscal belge, a empoché la plus-value dans notre pays. Mais Omega Pharma est un groupe qui réalise 90 % de son chiffre d'affaires en dehors de la Belgique. Il faut donc éviter de comparer les chiffres belges et les chiffres globaux.

Faible impôt belge

Au niveau belge, les deux sociétés du groupe qui emploie du personnel (Omega Pharma et Omega Pharma Belgium) ont versé 141 millions d'euros de salaires sur dix ans et ont payé 8,5 millions euros d'impôt. Cela peut paraître faible, mais "la contribution globale à la société est donc bien plus importante que ce qu'on voit en Belgique".

Au niveau consolidé, on voit par exemple qu'en 2013, sur un chiffre d'affaires de 1,2 milliard, Omega Pharma a réalisé un bénéfice brut de 89,5 millions d'euros et a payé 19,8 millions d'impôts. L'année précédente, le bénéfice brut s'élevait à 86,4 millions et l'impôt à 20,2 millions.

Sur dix ans, au niveau du groupe, Omega Pharma a payé plus de 1,1 milliard de salaires et charges sociales et 237 millions d'euros de taxes.

On voit que le groupe a toujours payé normalement ses impôts, souligne Pascal Flisch, qui estime à 20-22% en moyenne la part de ses bénéfices que le groupe pharmaceutique a rétrocédé aux administrations fiscales des divers pays dans lesquels il opère. On est loin des taux de 3 ou 4% affichés par certaines multinationales. Si le niveau d'impôt payé en Belgique est plus fluctuant, c'est parce que les résultats ont également fortement fluctué, et qu'Omega a joué sur certaines particularités de notre fiscalité, comme les taux notionnels.

On ajoutera que la contribution d'Omega Pharma ne se résume pas aux salaires et aux impôts. "Le groupe a donné de l'activité aux fournisseurs, qui ont eux aussi réalisé des bénéfices et créé de l'emploi. C'est un tissu économique qui se crée à partir d'une entreprise comme Omega Pharma", note Pascal Flisch qui estime que l'on peut multiplier par deux ou trois chaque emploi direct créé par le groupe pharmaceutique, d'autant que l'entreprise est active des produits à haute valeur ajoutée. "Et ce processus ne s'arrêtera pas parce qu'Omega Pharma change de propriétaire", dit-il.

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