Suppression de 5 000 emplois chez BlackBerry

29/06/12 à 10:04 - Mise à jour à 10:04

Source: Trends-Tendances

Baisse des ventes et de son cours, le groupe RIM est au plus mal, et doit notamment reporter le lancement de son nouveau système d'exploitation.

Suppression de 5 000 emplois chez BlackBerry

© Image globe

L'avenir du groupe canadien RIM, fabricant du téléphone multimédia BlackBerry, s'est assombri jeudi avec l'annonce de résultats nettement inférieurs aux attentes, d'au moins 5.000 suppressions d'emplois et du report du lancement de son nouveau système d'exploitation.

Research in Motion, dont l'action est au plus bas depuis 2003, a annoncé une perte de 518 millions de dollars américains pour le premier trimestre de son exercice décalé, plus élevée que prévu, en raison d'un fort recul des ventes et d'une charge exceptionnelle de 335 millions, due à une dépréciation d'actifs. Le groupe avait déjà subi une perte de 125 millions au trimestre précédent, mais à titre de comparaison, il y a un an, RIM avait dégagé un bénéfice de 695 millions au premier trimestre.

Hors éléments exceptionnels, la perte est ressortie à 37 cents par action, alors que les analystes s'attendaient plutôt à 1 cent. Le chiffre d'affaires a chuté à 2,8 milliards, soit une baisse de 33% par rapport au quatrième trimestre et de 43% par rapport au trimestre correspondant il y a un an, alors que le groupe a dû consentir d'importants rabais sur le prix de sa tablette PlayBook. Les analystes tablaient plutôt sur un chiffre d'affaires de 3,1 milliards de dollars. RIM a aussi annoncé la suppression d'au moins 5.000 postes au cours des prochains mois et un nouveau retard dans le lancement de son nouveau système d'exploitation BB10, qui est repoussé au début 2013, alors qu'il était prévu d'ici la fin de l'année. Du coup, le groupe va manquer les ventes de Noël aux Etats-Unis, période la plus faste de l'année pour les fabricants d'électronique, et risque encore de se faire damer le pion par Apple qui doit lancer vers la fin de l'année l'iPhone 5, basé sur la technologie à très haut débit LTE. Apple est déjà en position dominante sur le marché des "smartphone" en Amérique du Nord.

RIM misait sur le lancement de ce nouveau système d'exploitation à écran tactile pour espérer combler le retard technologique qu'il a pris par rapport à ses concurrents. "Notre priorité est le lancement fructueux de notre nouveau BlackBerry 10 (...). Je ne vais pas compromettre la qualité du produit en le lançant avant qu'il ne soit prêt", a déclaré son PDG, Thorsten Heins. Les suppressions d'emplois correspondent à un peu moins du tiers des effectifs de RIM, qui comptait 16.500 employés avant cette annonce. Elles s'ajoutent aux plus de 2.000 emplois que RIM a supprimés depuis un an. L'action de RIM perdait 16% à la Bourse du Nasdaq à New York, à 7,71 USD, après ces résultats nettement inférieurs aux attentes du marché.

L'entreprise a livré 7,8 millions de téléphones BlackBerry au cours du trimestre, contre 11,1 millions au trimestre précédent. Les ventes de sa tablette PlayBook ont fondu de presque moitié en trois mois, à 260.000 unités. "Je ne suis pas satisfait de ces résultats", a déclaré M. Heins. Evoquant ses perspectives, le groupe dit s'attendre à des temps difficiles au cours des prochains trimestres compte tenu d'un environnement très compétitif, et prévoit une érosion de ses parts de marché. Il prévoit déjà une nouvelle perte d'exploitation au deuxième trimestre. Ces résultats sont "remplis de mauvaises nouvelles", selon un analyste indépendant, Jeff Kagan. "RIM peut-il s'en remettre? C'est la question qui se pose maintenant". Une étude récente du cabinet de recherche spécialisé dans la technologie IDC a montré que les téléphones multifonctions exploitant le système Android représentaient 59% du marché mondial au premier trimestre, 23% du marché revenant par ailleurs à l'iPhone. BlackBerry ne détenait plus que 6,4%, contre 13,6% un an plus tôt. "Nous pensons que la direction de RIM devra vendre la compagnie", avait pour sa part estimé, avant la publication des résultats, un analyste de Canaccord Genuity, Michael Walkley.

Trends.be, avec l'Expansion.

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