Spencer et Twikit sont la start-up et la scale-up de l'année

15/03/18 à 17:15 - Mise à jour à 15:05

Lors de son Tech Startup Day annuel organisé à Bruxelles, l'organisation réseautique Startups.be a annoncé aujourd'hui les entreprises lauréates des Tech Startup Day Awards 2018 dans cinq catégories.

Spencer et Twikit sont la start-up et la scale-up de l'année

© Frederik Tibau (Startups.be)

L'anversoise Spencer l'a emporté avec 28 pour cent des votes in extremis face au spécialiste de la chaîne de blocs louvaniste SettleMint (27%). Suivent ensuite Muuselabs (19%), Yields (16%) et Preesale (11%). L'idée exploitée par Spencer a surgi il y a deux ans dans l'esprit des développeurs de produits de November Five. Ils avaient observé comment des collaborateurs d'entreprises utilisaient différents outils pour réserver une petite salle de réunion, signaler leur absence pour cause de maladie ou encore solliciter des congés. Spencer a alors développé une appli qui, sous la forme d'un assistant personnel, regroupe tous ces outils en une application conviviale unique.

Spencer est devenue indépendante fin 2016 et est dirigée par Tom Vroemans et Maarten Raemdonck. L'entreprise, qui occupe aujourd'hui une dizaine de personnes, s'adresse aux clients disposant de plus deux mille collaborateurs. L'année dernière, la startup a récolté de l'argent auprès de Telenet - le montant n'est pas connu - et prévoit une autre phase de capitalisation. Le 7 mars, Spencer a annoncé qu'elle allait collaborer avec la firme technologique américaine Microsoft. Le 'majordome' numérique pour l'employé sera intégré à Office 365, la suite bureautique de Microsoft.

Les scale-ups sont de grandes startups, à savoir des entreprises qui ont en général déjà quelque peu plus d'années à leur compteur, qui réalisent plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires et qui enregistrent une croissance rapide de leur chiffre d'affaires et de leur personnel. Dans la catégorie 'Scale-up de l'année', c'est Twikit (31% des votes) qui l'a emporté sur l'anversoise PlayPass (26%), un spécialiste du paiement sans liquidités, connu pour ses bracelets utilisés lors de festivals musicaux. Les trois autres nominés étaient Qover (14%), NGData (18%) et eRowz (11%).

Le lauréat Twikit, anversois lui aussi, a mis au point un logiciel permettant aux entreprises d'adapter leurs concepts 3D aux desiderata de leurs clients, avant de les imprimer en 3D. Il est question ici de pièces de voiture personnalisées, de prothèses ou de lampes. Le concept connaît du succès aux Etats-Unis. Depuis le début de cette année, Twikit participe à un programme d'accompagnement de trois mois organisé par Flanders New York Accelerator (FNYA). A ce jour, l'entreprise a récolté 2,5 millions d'euros de capital externe en tout.

Dans la catégorie 'Student Start-up de l'année', c'est Becycled qui l'a emporté avec quelques longueurs de vélo d'avance sur Winwinner, Ergopraktijk, Axiles Bionics et IOBee. L'entreprise Becycled.be - l'appellation officielle de la société de Roulers est V4More - fondée en 2015 est un site de petites annonces de bicyclettes de course de seconde main et de matériel correspondant pour quiconque aime faire du vélo. Son fondateur Sam Vynckier termine cette année ses études en Sportmanagement (UCL) et est supporté par les incubateurs Start it @kbc et Yncubator. La Tech For Good Award récompense les startups qui, avec leur produit, aident à rechercher une solution au changement climatique, à la perte en biodiversité, au déboisement et à la pollution. L'éclairage intelligent de la liégeoise Smartnodes (27%) l'a emporté de justesse devant le spécialiste anversois en assainissement des sols iFlux (26%). InOpsys, Fyteko et Qpînch étaient les trois autres nominés.

Dans la catégorie 'Innovation disruptive de l'année', c'est Find.me (25%) qui l'a emporté sur Slimbox (23%), Robovision (23%), AirShaper (22%) et Timbtrack (7%). Dans cette catégorie, le jury a recherché pour sa mini-liste des entreprises technologiques qui se sont vraiment imposées dans leur secteur ou qui se sont appuyées sur un modèle commercial innovant. La startup de Perk est activement occupée à préparer le lancement imminent de son software. Find.me s'adresse aux entreprises qui proposent des voitures, voyages, emplois et habitations. Avec sa technologie, elle entend permettre à ces entreprises de proposer une gamme plus étoffée et peaufinée à leurs clients. Elle s'assure aussi que les annonceurs puissent placer leurs publicités de manière plus ciblée. Find.me a été sélectionnée pour le Roularta Mediatech Accelerator.

Les lauréats des troisièmes Tech Startup Day Awards ont été choisis au terme d'une phase de votes en ligne (2.343 en tout). Les participants pouvaient voter une seule fois pour l'un des cinq nominés dans les cinq catégories. Ces mini-listes ont été élaborées par un jury dirigé par Omar Mohout (Sirris). Les autres membres du jury étaient Frank Maene (Volta Ventures), Isabel Michiels (Agoria), Olivier Peeters (BNP Paribas Fortis), Simon Alexandre (The Faktory), Jérôme Constant et Benny Debruyne (Trends).

Les récompenses se composaient d'un ticket gratuit pour une mission internationale GoGlobal en Asie ou aux Etats-Unis, d'un bureau gratuit pour une période de six mois auprès de la chambre de commerce belgo-américaine Belcham à New York ou à San Francisco, de packs d'hébergement professionnels de Combell, et de diverses sessions de coaching. Mais la principale récompense est peut-être encore la visibilité résultant de l'attribution du prix. "Les lauréats des années précédentes nous ont du reste fait savoir que ce genre de Tech Startup Day Award accroît la crédibilité de leur petite entreprise auprès des clients et des investisseurs, ce qui est un plus indéniable", conclut Frederik Tibau, content director chez Startups.be.

Startups.be lance une plate-forme d'offres d'emploi dotée de l'intelligence artificielle

L'organisation réseautique Startups.be a annoncé aujourd'hui même lors de son événement Tech Startup Day organisé à Bruxelles une nouvelle plate-forme d'offres d'emploi. Ce site ciblera les personnes désireuses de travailler pour une startup et utilisera l'intelligence artificielle.

Pour beaucoup de startups, trouver des collaborateurs talentueux s'avère encore plus ardu que récolter de l'argent. Trop peu de développeurs de logiciels, de spécialistes data et d'autres profils diplômés de l'enseignement supérieur aboutissent actuellement sur le marché que pour répondre aux besoins des startups belges. Cela freine d'autant la croissance de beaucoup d'entreprises.

"Chez les startups, les fonctions classiques perdent de leur importance. Ces entreprises examinent davantage le contenu de l'emploi et les compétences de la personne", déclare Jan Bormans de Startups.be. Sur talent.startups.be, les demandeurs d'emploi pourront encore et toujours déposer simplement leur CV, mais ils auront aussi deux autres options consistant simplement à saisir ou à expliquer oralement leurs atouts. Si quelqu'un s'exprime en néerlandais ou anglais, cette compétence sera aussitôt ajoutée à son ADN sur la plate-forme, affirme Bormans : "Ou si le candidat indique qu'il est marketing manager, des informations à propos de cette fonction seront immédiatement ajoutées. Il ne faudra ensuite plus tout répéter." Les entreprises placeront leurs offres d'emploi sur la plate-forme, et le logiciel intelligent associera entreprises et demandeurs d'emploi. Par ailleurs, la plate-forme ne ciblera pas uniquement les jeunes, mais aussi les employés de grandes entreprises qui recherchent de manière latente une nouvelle fonction.

Le logiciel d'intelligence artificielle pour la plate-forme a été développé par l'entreprise belge BeWorkHappy spécialisée en software d'analyse de compétences. Pourquoi Startups.be a-t-elle développé elle-même une plate-forme plutôt que d'ajouter ce logiciel à des plates-formes d'offres d'emploi existantes? "Nous voulions changer radicalement la façon de faire habituelle. C'était aussi une question de gros sous", explique Jan Bormans. "Nous recherchions une solution économique pour les startups car elles ne disposent pas de gros budgets pour s'attirer des candidats. Nous voulions supprimer pour elles les seuils technique et financier." La plate-forme sera gratuite jusqu'au 18 avril. Ensuite, les entreprises, qui posteront des offres d'emploi, paieront 99 euros par emploi et par mois ou 699 euros pour dix emplois et par an.

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