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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/09/14 à 11:35 - Mise à jour à 11:35

Sans industrie, c'est notre modèle social qui est menacé !

Aujourd'hui, tous les partis politiques sont d'accord pour dire qu'on a été trop loin dans les délocalisations. Un pays sans industrie est un pays qui ne peut pas se développer et des tas de métiers et de fournisseurs disparaissent avec ces délocalisations. Bref, sans industrie, c'est notre modèle social qui est menacé. C'est un discours qu'on entend en Europe mais également aux Etats-Unis.

Sans industrie, c'est notre modèle social qui est menacé !

© Thinkstock

Sauf qu'aux Etats-Unis, on ne se contente pas de discours, on incite les entreprises qui ont délocalisé leurs usines en Asie à revenir sur le territoire américain. La presse économique a parlé de plusieurs cas d'entreprises américaines qui sont revenues au bercail. C'est vrai que comme les salaires chinois augmentent régulièrement, que comme l'exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis a permis de diminuer les coûts d'énergie et qu'en plus les coûts de transport ont augmenté, certains se sont mis à rêver que les prochaines années seront les années, non plus de la délocalisation, mais de la relocalisation !

Mais ça, c'est pour le discours, la réalité risque hélas d'être plus compliquée... Selon une étude (1) publiée par le MIT, l'une des plus prestigieuses universités américaines, il apparait que les relocalisations sont plus difficiles à mettre en oeuvre que prévu. L'auteur de l'étude s'est appuyé sur le cas de 3 créations récentes d'usines aux Etats-Unis par General Electric, Motorola et Flextronics !

D'abord, ces 3 entreprises se sont rendu compte qu'il fallait stabiliser une main-d'oeuvre qui découvre le travail en usine : de nombreux salariés sont partis après une semaine et le turnover est supérieur à 20% sur un an. Jamais vous n'aurez ce genre de déboires en Asie !

Deuxièmement, dans certains métiers, il faut trouver des compétences qui n'existent plus aux Etats-Unis. Il a fallu en rapatrier soit du Mexique, soit de l'Asie.

Et puis, troisièmement, il y a les coûts logistiques : dans le cas de Motorola, tous les composants viennent d'Asie, et les faire venir revient plus cher que d'importer.... un téléphone complet ! Voilà qui va à l'encontre des discours simplistes, du type "il n'y a qu'à". Les relocalisations massives, c'est sans doute pas pour demain !

  • Etude citée par Les Echos : "what it takes to reshore manufacturing successfully", www.sloanreview.mit.edu

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