Première grève dans la principauté d'Andorre depuis... 1933

16/03/18 à 07:32 - Mise à jour à 07:30

Source: Afp

Des centaines de salariés du service public d'Andorre ont entamé jeudi une grève contre une réforme de la fonction publique, marquant le premier mouvement social dans la Principauté depuis 1933.

Première grève dans la principauté d'Andorre depuis... 1933

A Andorre, les impôts sur les personnes physiques ou sur les sociétés ne dépassent jamais 10% du revenu. A condition de choisir le statut de la résidence sans permis de travail proposé par le pays. D'après le cabinet Bradley Hackford, "à l'heure actuelle, les personnes résidentes à Andorre sans y travailler sont soumises à un taux d'imposition de 0%". Grâce à ce système fiscal, le pays qui compte moins de 100 000 habitants attire de nombreux étrangers. Français et Espagnols ne sont pas les seuls à se presser sur ses montagnes. Les russes, et plus récemment les Asiatiques, seraient de plus en plus nombreux à s'y installer. Ils profitent aussi de l'absence d'impôts sur la succession et sur la fortune. Pour bénéficier de ces avantages, il faut investir 350 000 euros dans le pays, via un dépôt bancaire, un bien immobilier, ou le financement d'une société andorrane. Le gouvernement demande aussi une caution de 50 000 euros, et au moins 90 jours de présence sur le territoire par an à ses futurs citoyens. © iStock

La grève, destinée à obtenir le retrait de cette réforme sur le point d'être présentée au parlement, a été suivie par 29% des fonctionnaires, selon le gouvernement, et doit se poursuivre vendredi.

Selon les grévistes, la loi va réduire les droits des fonctionnaires et a été préparée sans consensus malgré plusieurs réunions de négociations.

Des manifestations ont eu lieu aux frontières. Des douaniers ont procédé à des grèves de zèle, tandis qu'un demi-millier de salariés a procédé à des interruptions intermittentes de trafic à la frontière hispano-andorrane, selon les syndicats.

Le mouvement a été également très suivi dans l'éducation avec 80% de grévistes chez les enseignants, selon la même source et le gouvernement. Il a également concerné la police et le monde pénitentiaire.

"Il a été démontré que nous sommes tous contre la loi", a affirmé la représentante du syndicat policier CFPA, déplorant que du personnel ne se soit pas joint au mouvement parce qu'il a "eu peur de venir" alors qu'il y a eu des "menaces" et des "pressions". "Nous voulons un peu plus de négociations", a expliqué de son côté le président du Syndicat des Pénitenciers, Sergi Teixeiran.

Le bâtiment administratif du gouvernement a été occupé en solidarité avec les fonctionnaires réquisitionnés pour le service minimum.

Pour le gouvernement, c'est une loi nécessaire. Le chef du gouvernement, Antoni Martí a insisté sur le fait qu'elle ne diminue pas les droits et que "les fonctionnaires ne feront pas une heure de plus". Il a assuré que cette loi permettra une plus grande flexibilité du travail et que "49 millions d'euros" seront alloués "au cours des 25 prochaines années à l'amélioration des compléments de salaire".

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