Pour ou contre la grève à la SNCB ?

21/12/11 à 09:54 - Mise à jour à 09:54

Source: Trends-Tendances

La grève spontanée sur les rails ne passe décidément pas auprès du patronat, et d'abord, naturellement, auprès de la direction de la SNCB. L'UCM dénonce - à nouveau - ces mouvements de grogne sociale... et les "contre-vérités" brandies par les syndicats.

Pour ou contre la grève à la SNCB ?

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La grève spontanée qui a débuté mardi dans plusieurs gares wallonnes ne peut être tolérée, a fait savoir Leen Uyterhoeven, porte-parole de la SNCB Holding. Cette grève, qui a débuté mardi dans les dépôts de la SNCB à Ath, Tournai, Mons et Braine-le-Comte, se poursuivra sans doute jusqu'à jeudi, journée d'actions décrétée dans la fonction publique en réaction à la réforme des pensions portée par le ministre Van Quickenborne.

Le mouvement risque par ailleurs de faire tache d'huile dès mercredi à La Louvière et Charleroi ainsi que dans d'autres régions.

Selon la SNCB Holding, de telles actions n'aident en rien : "Contrairement à la grève générale de jeudi, nous n'avons pas pu avertir nos passagers, cette action spontanée affecte donc les voyageurs et discrédite nos services", déplore Leen Uyterhoeven.

La SNCB Holding dit par ailleurs avoir rappelé aux syndicats que ce mouvement spontané est incompatible avec les dispositions existantes afin d'éviter les grèves sauvages "Nous appelons le personnel à reprendre le travail mercredi !", a conclu Leen Uyterhoeven.

Grèves : "Assez de contre-vérités !", dénonce l'UCM

"Comme le prouve depuis deux jours le mouvement spontané à la SNCB, l'agitation sociale entretenue par les syndicats repose sur une mauvaise information, voire des contre-vérités", dénonce mercredi matin l'Union des classes moyennes par la voix d'Yves-Etienne Massart, son marketing & communication manager.

Dans le cas de la SNCB, "le personnel roulant, accompagnateurs et conducteurs de train, pourra toujours accéder à la prépension dès l'âge de 55 ans. Le ministre l'a rappelé avant même le déclenchement des actions. La paralysie du seul rail wallon de ce mercredi pose aussi question alors qu'il s'agit de mesures touchant l'ensemble du pays."

L'Union des classes moyennes et l'Union wallonne des entreprises condamnent ce genre d'actions "injustifiées", "qui portent préjudice à tous, peut-on lire dans le communiqué de l'UCM. Une fois de plus, la Wallonie se distingue alors qu'elle peut encore moins se le permettre dans le nouveau cadre institutionnel. Ce n'est pas avec cette mentalité que nous pourrons réaliser les ambitions de développement dont la Wallonie a tant besoin. C'est justement en travaillant qu'on y arrivera !"

Budget : "Il est faux de soutenir que le capital n'est pas touché !", défend l'UCM

Les deux organisations déplorent d'ailleurs la grève des services publics annoncée jeudi. "Ni l'UWE ni l'UCM ne souscrivent entièrement à l'accord de gouvernement, mais elles comprennent que des mesures d'assainissement budgétaires sont indispensables. C'est une simple question de bon sens. Le programme d'austérité mis en oeuvre impose des sacrifices à tout le monde, y compris aux indépendants, aux détenteurs de capitaux et aux entreprises."

Et l'Union des classes moyennes d'énumérer "une taxation lourde des revenus mobiliers, une hausse de l'impôt des sociétés, et certaines charges sur le travail, sans aucune mesure positive pour rétablir la compétitivité". Bref, personne n'est épargné : "Il est faux de soutenir que le capital n'est pas touché ! Un seul exemple parmi d'autres : la double taxation des dividendes le prouve, avec une première taxation au niveau du bénéfice de l'entreprise, puis au moment de leur distribution."

Et l'UCM de conclure : "En organisant le mécontentement social, en ajoutant une crise sociale à la crise économique et financière, les syndicats font fausse route. Paralyser l'activité et donc empêcher les entreprises de tourner ne peut rien apporter de bon. Pour rappel, ce sont les entreprises qui créent l'emploi et les richesses nécessaires à la solidarité."

"La grève de jeudi est un pas de trop", pour le ministre des Finances

Dans le camp politique, Steven Vanackere, vice-Premier ministre et ministre (CD&V) des Finances, considère que la grève de jeudi constitue "un pas de trop" : "L'outil de la grève n'est pas un instrument réaliste."

Quant à Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre (MR) des Affaires étrangères, il a défendu Vincent Van Quickenborne - qui "exécute l'accord de gouvernement" - et reconnu la marge existante sur les mesures d'exécution : "Il y a encore des calculs à opérer dans les arrêtés royaux." Il a toutefois élargi le débat de la concertation sociale à l'ensemble des problématiques : "Beaucoup d'autres mesures que les pensions sont actuellement en débat au Parlement."

Grève : Onkelinx dit "comprendre les travailleurs" et appelle à la relance de la concertation sociale

Du côté des échaudés, la presse se faisait l'écho, mercredi matin, de critiques tant francophones que flamandes provenant du gouvernement même à l'égard de la méthode Van Quickenborne. De Standaard évoquait ainsi le malaise de certains ministres face à sa "communication défaillante" ou l'annonce de prochaines étapes pour arriver à un régime harmonisé de pensions.

Joëlle Milquet, vice-Première ministre et ministre (cdH) de l'Intérieur, a ainsi déploré la rapidité inattendue de la réforme des pensions et un problème de timing des principaux ministres du gouvernement, dont l'agenda a été monopolisé la semaine dernière par la tuerie de Liège.

A son arrivée au kern, Joëlle Milquet a d'ailleurs insisté sur les mesures qui doivent encore faire l'objet d'une concertation sociale : "Une série de mesures doivent être prises pour le 1er janvier, mais d'autres - les plus importantes - doivent mises en oeuvre via des arrêtés royaux pour lesquels nous prendrons le temps de la concertation. Il s'agira de prévoir les dérogations, adaptations et phases transitoires nécessaires." Le projet de loi n'envisage que les "grandes lignes, mais pas les choses plus délicates, tout ce qui semble fâcher", a-t-elle ajouté.

De son côté, Laurette Onkelinx, vice-Première ministre et ministre (PS) des Affaires sociales, a dit "comprendre les travailleurs" et a appelé à la relance de la concertation sociale. Elle n'en a pas moins souligné la nécessité de prendre des mesures dans une situation "très difficile".

Trends.be, avec Belga

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