Plan pour Opel : GM n'a pas tenu compte des menaces des syndicats

26/01/10 à 13:59 - Mise à jour à 13:59

Source: Trends-Tendances

Le plan d'assainissement d'Opel est prêt, a annoncé Nick Reilly, patron de GM Europe. Encore faut-il qu'il soit accepté par les syndicats, les conseils d'entreprise et les Etats. Le géant américain compte toujours sur des économies de 265 millions d'euros sur le personnel, malgré les menaces précises des syndicats.

Plan pour Opel : GM n'a pas tenu compte des menaces des syndicats

© Reuters

La première assemblée du personnel, destinée à l'équipe du matin, s'est ouverte mardi peu après 13 heures sur le site Opel d'Anvers. Le travail a été interrompu au sein de l'usine et Klaus Franz, président du conseil d'entreprise européen, s'est adressé aux travailleurs. Aucun appel à des actions n'a été lancé. Les syndicats insistent en revanche sur la solidarité européenne. Klaus Franz a ainsi indiqué que, si les syndicats européens devaient s'accorder sur d'éventuelles actions dans une des usines Opel/Vauxhall, le travail ne devrait pas continuer sur les autres sites européens.

Une délégation de plus de 100 représentants syndicaux, présente mardi sur le site anversois, s'est concertée sur la situation du constructeur allemand après la fermeture annoncée de l'usine. "Derrière chaque poste de travail, il y a un homme et une famille", a souligné Klaus Franz, selon qui les syndicats n'accepteraient pas la fermeture.

Le président du conseil d'entreprise européen s'est adressé au personnel anversois avec le délégué FGTB Rudi Kennes, déclarant notamment que, si 500 millions d'euros devaient être mis sur la table pour la fermeture d'Opel Anvers, dans aucun pays européen les travailleurs Opel ne contribueraient à un tel montant. Selon les deux représentants syndicaux, ce ne sont en effet pas des motifs économiques qui président à la décision de la fermeture du site anversois mais bien des motifs politiques "revanchards".

Rudi Kennes a encore appelé à participer à l'action syndicale de vendredi à Bruxelles. L'usine à Anvers sera alors à l'arrêt et les syndicats partiront en convoi d'Anvers vers la capitale. Une deuxième assemblée a démarré à 14 heures pour le reste du personnel.

Reilly aux syndicats : "J'espère que vous comprendrez que la fermeture d'Opel Anvers est nécessaire pour le succès de l'entreprise"

Le plan d'assainissement du constructeur automobile allemand est prêt, avait précédemment révélé Nick Reilly, patron de GM Europe, à Rüsselsheim : "Il s'agira à présent de parvenir à un accord (Ndlr, avec les syndicats et les conseils d'entreprise). J'espère que cela tombera dans les deux à trois prochaines semaines."

Malgré l'opposition des travailleurs à la fermeture de l'usine d'Anvers, l'Américain compte toujours sur des économies réalisées sur le personnel à hauteur de 265 millions d'euros annuels pour les cinq prochaines années. La proposition serait actuellement examinée par les gouvernements concernés, desquels Opel attend par ailleurs 2,7 milliards d'euros d'aides publiques.

Nick Reilly a également défendu son intention de fermer l'usine d'Anvers en dépit de l'opposition des syndicats : "Nous avons fabriqué 1,1 million de voitures en 2009 et, dans les meilleurs moments, nous arrivions à 1,4 million d'unités. Même si nous fermons Anvers, nous avons une capacité de 1,5 million de voitures." Vu la faiblesse du marché en Europe de l'Ouest dans les deux à trois ans à venir, Opel doit réduire sa capacité de production, estime-t-il.

Le constructeur allemand doit également réduire ses coûts en Europe et supprimer 8.000 postes sur un total de 48.000. "Nous tentons d'adapter la taille de l'entreprise pour un marché tel que nous le prévoyons en 2012", a assuré Nick Reilly. Concernant la fermeture d'Anvers, l'Américain a précisé à l'adresse des syndicats, fermement opposés à cette fermeture, qu'il "espère qu'ils comprendront que cette étape est nécessaire pour le succès de l'entreprise".

"Nous ne connaissons pas le plan du patron de GM Europe, Nick Reilly, évoqué dans les médias, a rétorqué Klaus Franz à Anvers. Un conseil d'entreprise européen est prévu lundi. Le management doit présenter son plan."

Syndicats à Reilly : "La décision de fermer l'usine Opel d'Anvers doit être annulée !"

"La décision de fermer l'usine d'Anvers doit être annulée !, a affirmé mardi Peter Scherrer, du syndicat européen du métal, après les assemblées du personnel chez Opel Anvers. C'est notre message au patron Nick Reilly. Il n'y aura pas de concession ni de sacrifice dans d'autres usines si cette décision n'est pas révoquée." Si le recours à la grève reste envisageable, celle-ci n'est pas encore programmée. Les syndicats veulent négocier avec la direction tout en réaffirmant leur solidarité et en mettant la pression.

Le syndicaliste anversois Rudi Kennes (FGTB) a souligné l'importance, pour les employés de l'usine anversoise, de savoir que la solidarité entre les usines d'Opel/Vauxhall était maintenue : "Et elle est réelle ! Nous sommes au travail parce que nous sommes prêts, avec nos collègues européens, à nous battre avec GM de la manière la plus judicieuse."

Peter Scherrer a déclaré qu'il n'était pas opportun de mener actuellement des grèves : "Nous sommes disposés à négocier. La grève est l'ultime recours. Nous envisageons plusieurs actions." Klaus Franz s'est, lui, félicité de la solidarité qui s'est développée entre les syndicats et les travailleurs "du Nord au Sud", a et demandé aux travailleurs de ne pas céder à la provocation, car il estime que tant le droit que les arguments économiques sont de leur côté.

Si Opel Anvers ferme, "une solution doit tomber, de préférence avec une embauche importante dans le secteur automobile et en Flandre"

La députée européenne Kathleen Van Brempt, accompagnée de quelques collègues, a visité mardi l'usine anversoise d'Opel et souligné qu'elle croyait encore à un avenir pour le site : "La force, aujourd'hui, c'est la solidarité entre les travailleurs !" Il est important, à ses yeux, que le Parlement européen soit informé de la situation afin que la Commission européenne puisse être amenée à entreprendre quelque chose.

Kathleen Van Brempt dit continuer à défendre une révision de la décision de fermeture d'Opel Anvers : "Si cela ne se concrétise pas, cependant, une solution doit tomber, de préférence avec une embauche importante dans le secteur automobile et en Flandre." La députée a visité le site avec une délégation de parlementaires européens sociaux-démocrates, notamment des représentants allemand, autrichien et suédois. Des syndicats d'autres entreprises, comme Atlas Copco et Ford, étaient en outre présents mardi aux côtés des syndicats d'Opel Anvers.

Trends.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires