Mobistar "matraqué par la régulation"

22/07/13 à 17:47 - Mise à jour à 17:47

Source: Trends-Tendances

Jean-Marc Harion, CEO de l'opérateur, estime que Mobistar est victime de la loi télécoms et de la guerre des prix qui sévit sur le marché mobile.

Mobistar "matraqué par la régulation"

Mobistar traverse une passe délicate. Mais son patron Jean-Marc Harion s'est voulu " offensif " lors de la conférence de presse faisant suite à un avertissement sur résultats, qui a fait plonger le cours de bourse de Mobistar de -30%. " Nous assistons à une importante destruction de valeur sur le marché mobile ", dénonce Jean-Marc Harion. Nous sommes matraqués par la régulation. "

Après la diminution des tarifs de terminaison (frais facturés entre opérateurs lors d'un appel passé d'un réseau à l'autre) et le plafonnement des frais de roaming (appels de et vers l'étranger) par l'Europe, la loi télécoms est venue jouer les trouble-fête, estime Jean-Marc Harion. Selon le CEO de Mobistar, cette loi entrée en vigueur en octobre 2012, qui permet au consommateur de résilier son abonnement GSM après six mois sans frais, a engendré une période d'instabilité sur le marché du mobile. Les opérateurs se sont lancés dans une guerre des prix qui s'avérerait destructrice pour les valeurs télécoms... A commencer par Mobistar, qui prédit un chiffre d'affaires en chute de 12 % en 2013, et un EBITDA en dégringolade de 39 %.

Le marché a réagi de manière particulièrement négative à cet avertissement sur résultats. Mais selon le patron de Mobistar, les cours des actions télécoms perdent de leur rationalité : " Les capitalisations boursières des valeurs télécoms sont en-dessous de leur valeur réelle ", pointe Jean-Marc Harion.

Chute des tarifs + chute du nombre de clients = chute des revenus

Via son CEO, l'opérateur revendique un positionnement agressif sur le marché mobile, estimant être bien positionné par rapport à ses concurrents. Mobistar en veut pour preuve la dernière étude diligentée par l'IBPT (le gendarme du secteur télécoms) à la demande du SPF Economie. " Nous sommes les bons élèves en termes de tarifs ", estime Jean-Marc Harion.

Problème : cette chute des tarifs s'accompagne d'une chute des revenus. L'ARPU - revenu moyen par utilisateur - s'est contracté de 5,2 % entre le premier semestre 2012 et le premier semestre 2013. Dans le même temps, le nombre de clients a chuté de 5,5 % (hors clients des opérateurs virtuels, tels que Telenet ou Lyca Mobile, qui sont eux en forte hausse, mais qui rapportent nettement moins).

Le patron de Mobistar explique ce recul du nombre de clients par une baisse du nombre de cartes prépayées, devenues moins avantageuses suite à l'introduction de la loi télécoms. Il n'empêche : Mobistar ne semble pas parvenir à convertir ses offres mobiles, toutes compétitives qu'elles soient, en clients sonnants et trébuchants.

Gilles Quoistiaux

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