Mithra va investir 45 millions à Flémalle et créer 160 nouveaux emplois.

22/03/13 à 09:24 - Mise à jour à 09:24

Source: Trends-Tendances

La mission princière en Thaïlande bat son plein tout au long de cette semaine. Mercredi soir, en marge du dîner de gala organisé dans les salons de l'hôtel Grand Hyatt Erawan de Bangkok, François Fornieri, fondateur et CEO de Mithra Pharmaceuticals, a confié aux quelques-uns qui partageaient sa table sa décision de réaliser d'ici peu de gros investissements au lieu dit "Cahottes 2", à Flémalle.

Mithra va investir 45 millions à Flémalle et créer 160 nouveaux emplois.

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Il s'agit là d'un site de 3 hectares tout proche de l'aéroport de Bierset et de la sortie de l'autoroute. Budget global de l'ensemble des projets : 45 millions d'euros, phasés en plusieurs tranchés, financés sur les fonds propres de la société, par apports de François Fornieri lui-même, de Meusinvest, de la SRIW ainsi que par des crédits bancaires. "Il n'est cependant pas exclu que quelques familles liégeoises se joignent au tour de table, précise François Fornieri. Je préfère avoir autour de moi des personnes qui envisagent l'avenir de l'entreprise sur le long terme plutôt que des business angels ou des fonds d'investissements qui pensent, dès le départ, aux conditions de leur sortie", insiste cet ancien manager de l'année de Trends-Tendances.

Ne pas dormir sur ses lauriers
La cession d'Uteron à Watson s'est faite dans des conditions intéressantes pour beaucoup de monde : les actionnaires historiques, évidemment, mais aussi l'ULg et le Giga car Watson a convenu contractuellement de faire de Liège son centre mondial de recherche pour ce qui relève de la santé de la femme. Reste que la cession d'Uteron privait du coup Mithra de tout labo dans son périmètre de consolidation. Un état de fait qui va bientôt changer : "Nous allons construire à Flémalle une usine avec 4 lignes de production ainsi qu'un labo de recherche & développement (R&D), précise François Fornieri. Lorsque cette usine sera opérationnelle, nous y rapatrierons la production présentement sous-traitée en Allemagne, en France et en Espagne. Mieux encore, nous pensons même pouvoir convaincre Watson de sous-traiter chez nous ce qu'elle fait fabriquer présentement ailleurs ! Nous en discuterons fin avril chez Watson, avec le soutien de Jean-Claude Marcourt. Ce n'est pas tout, nous capitalisons également sur des activités autour du traitement du cancer. Plein d'entrain, François Fornieri annonce aussi sa décision de focaliser une partie des activités de l'entreprise sur la chimie des molécules, à partir de plantes comme le soja, le colza ou le maïs dont seront extraites les molécules nécessaires à la production. Les autres molécules extraites de ces plantes pourront être valorisées et revendues. "Mais pour cela, il nous faut évidemment pouvoir disposer de terres agricoles. Si nous pourrons dans un premier temps disposer de terres actuellement en jachère (en Espagne pour le soja, en France pour le colza, en Belgique pour le maïs), cela ne suffira cependant pas. Nous réfléchissons par conséquent à la création d'un fonds d'investissements spécialement dédié à l'achat de terres agricoles !". Les travaux commenceront en 2014, l'usine et le labo seront full opérationnels en 2016 et l'équilibre des comptes devrait être assuré à partir de 2018. Côté emplois, Mithra RDP (Recherche, Développement, Production) générera la création de 160 nouveaux postes.

Export et présence à l'étranger
Le business plan de François Fornieri passe aussi par la création de filiales à l'étranger. Au-delà du rachat récent d'une petite société aux Pays-Bas (2,2 millions ¤ de chiffre d'affaires), Mithra veut également s'implanter au Grand Duché, en Allemagne, en France mais aussi au Chili, au Brésil et en Malaisie. "Les missions princières, comme celle-ci en Thailande, me confortent dans l'idée que le potentiel à l'exportation est vraiment très élevé, souligne François Fornieri. Alors même que nous ne nous y attendions pas avant de partir pour l'Asie, nous allons renforcer deux contrats existants". Cette ambition pour l'international se justifie aussi par la taille réduite du marché belge. En termes de chiffre d'affaires et de part de marché, le poisson Mithra devient en effet beaucoup trop gros pour l'aquarium belge... Rien n'est laissé au hasard pour faire la différence, par exemple à destination des marchés musulmans. Toute la gamme de produits est d'ores et déjà certifiée halal...

"Au travers du cas de Mithra, on voit que l'innovation est bel et bien à la base des entreprises -et des emplois- de demain, conclut Jean-Claude Marcourt, coiffant ici ses casquettes de ministre régional de l'économie et du commerce extérieur. La question du financement (de la croissance) de nos entreprises doit cependant être prise à bras le corps. Ici, les moyens à mobiliser pour soutenir Mithra sont de l'ordre du supportable pour des structures comme la SRIW mais, au-delà, on doit cependant se pencher sur la question de savoir comment permettre aux épargnants d'investir et de financer, de façon sécurisée, nos entreprises. La crise de 2008 était celle de la cupidité. Depuis, la confiance des épargnants est si ébranlée qu'ils préfèrent perdre de l'argent en affectant leur épargne sur des carnets d'épargne qui rapportent moins que l'inflation, ce n'est effectivement pas normal...".

Jean-Marc Damry

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