Mithra Pharmaceuticals investit 116 millions d'euros à Flémalle

18/11/14 à 17:56 - Mise à jour à 17:56

Source: Belga

Mithra Pharmaceuticals, spin-off de l'Université de Liège spécialisée dans la santé féminine, a posé mardi la première pierre de sa plate-forme de développement et de production à Flémalle. Un investissement de 116 millions d'euros avec à la clé la création de 250 emplois. Cette plate-forme, qui s'étendra sur 33.000 m2, sera opérationnelle fin 2016.

Mithra Pharmaceuticals investit 116 millions d'euros à Flémalle

François Fornieri, le CEO de Mithra Pharmaceuticals, en 2013. © BELGA

Le leader belge dans le domaine de la contraception, avec 45% de parts de marché, veut développer et valoriser son expertise en interne et au travers de collaborations nationales ou internationales grâce à la création d'une plate-forme technologique appelée "Contract Development and Manufacturing Organisation" (CDMO). "Grâce à cette plate-forme, nous allons pouvoir maîtriser l'entièreté du process et ainsi gagner du temps pour la mise des produits sur le marché", explique François Fornieri, CEO de Mithra. "Elle bénéficiera de la technologie mise en place par Mithra en matière de polymères ou d'injectables", ajoute M. Fornieri qui souligne que cette technologie peut aussi être transposée dans le domaine du diabète, de la pneumologie ou encore de la gastro-entérologie.

Mais, cette plate-forme sera aussi ouverte et permettra d'accueillir des grands groupes, des spin-off ou des start-up qui sont déjà loin dans leur processus de développement et ce grâce à son expertise dans la recherche et développement, la production, les affaires réglementaires et le business development. Mithra est en contact avec des sociétés indiennes et américaines afin de favoriser l'arrivée de ces entreprises en terres flémalloises. L'entreprise espère, grâce à ses flacons et ses produits pré-injectés, générer un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros après trois ans et dépasser la barre des 100 millions d'euros lorsqu'elle produira ses propres hormones "un pas que nous franchirons en 2019 et qui nécessitera de nouveaux investissements et engagements", a précisé François Fornieri.

L'entreprise dispose au total de 7,7 hectares de surface afin de permettre un développement ultérieur de ses activités. Le CEO de Mithra ne cache pas son ambition de conquérir le marché brésilien "et ses 106 millions de femmes". "Au coeur d'un écosystème unique au monde dans les domaines de la santé, de l'industrie pharmaceutique et des biotechnologies, le projet de Mithra Pharmaceuticals rencontre parfaitement la stratégie industrielle mise en place dans le cadre du Plan Marshall et, précisément, dans la politique des pôles de compétitivité", a conclu Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Economie.

Pas encore été entendu par la justice liégeoise

Par ailleurs, François Forneri a déclaré à l'agence Belga qu'il n'avait pas encore été entendu par la justice dans le cadre de pratiques illicites qui lui sont reprochées par l'Agence fédérale des médicaments et des produits de la santé (AFPMS). Une information judiciaire a été ouverte en septembre dernier par le parquet de Liège concernant des pratiques illicites présumées du patron de Mithra, qui selon l'AFPMS aurait corrompu des médecins.

Les soupçons portent sur des avantages ou des rétributions financières octroyées à des médecins en vue de les inciter à prescrire des médicaments de Mithra, une pratique interdite. L'organisation d'un voyage au Brésil, lors de la Coupe du Monde de football, est notamment dans le collimateur par les enquêteurs, car des médecins y auraient été conviés.

M. Fornieri a confirmé qu'il n'avait jamais sollicité aucun médecin afin qu'il prescrive les médicaments de sa société. Il a également déclaré que le voyage au Brésil lui avait permis de visiter sa filiale créée en 2013. M. Fornieri a également rappelé que ce voyage, bien que réalisé durant la Coupe du Monde, n'avait pas été organisé dans le but de s'y faire accompagner de médecins. Le CEO de Mithra estime que les déclarations d'un de ses anciens collaborateurs, à la base de cette enquête, sont "diffamatoires".

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