Métiers lourds: après 2 ans, la négociation n'aboutit pas

09/10/17 à 16:36 - Mise à jour à 10/10/17 à 09:58

Source: Belga

Après près de deux ans de négociations, employeurs et syndicats ne sont pas parvenus à un accord sur la définition de ce qui peut être considéré comme un métier lourd, a-t-on appris lundi auprès des partenaires sociaux. La balle est à présent dans le camp du gouvernement fédéral.

Métiers lourds: après 2 ans, la négociation n'aboutit pas

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Cela fait près de deux ans que représentants des travailleurs et patrons tentent de préciser qui exerce ou non un métier lourd. Dans un tel cas de figure, un droit à la pension anticipée devrait s'appliquer.

Lors d'une réunion finale au sein du Comité national des pensions, il a été décidé d'émettre un avis partagé dans ce dossier. "Nous sommes d'accord sur le fait que nous ne sommes pas d'accord", laisse-t-on entendre parmi les partenaires sociaux.

Employeurs et syndicats négociaient sur les métiers lourds dans le secteur privé. Des discussions sont par contre toujours en cours pour la fonction publique.

Les organisations syndicales avaient déposé au printemps dernier une proposition de consensus concernant quatre critères de pénibilité pour le secteur privé. Ceux-ci restaient à affiner.

Dans une réaction, la Fédération des entreprises de Belgique confirme qu'étant donné les propositions "nettement excessives" des syndicats, "il n'a malheureusement pas été possible de trouver une solution commune". La FEB évoque ainsi les 80 critères qu'ils ont mis en avant, "en conséquence de quoi tout le monde exerce un métier lourd".

"Si l'exception devient toutefois la règle, tout le monde exerce un métier lourd et la réforme perd tout son sens", explique encore la fédération. Selon elle, pour garantir le financement de la sécurité sociale, il faut appliquer la règle générale d'une carrière de 45 ans via la mise en oeuvre du système à points. "Par la suite seulement, nous pourrons si nécessaire définir des exceptions sur la base de critères objectifs", dit-elle.

Ceux-ci doivent être mesurables et contrôlables tels qu'une occupation de longue durée en régime de nuit, dont l'impact potentiel sur la santé est prouvé, illustre la FEB.

"Le gouvernement a rendu toute négociation intenable"

Dans une réaction commune, les syndicats regrettent que les employeurs aient balayé leur proposition d'un revers de la main. D'après eux, le gouvernement a posé des conditions qui ont rendu impossible une concertation sociale sérieuse. "En imposant une approche strictement budgétaire au détriment d'une approche basée sur les risques concernant la santé des travailleurs, le gouvernement, en parfaite entente avec les employeurs, a rendu toute négociation intenable", estiment la CSC, la FGTB et la CGSLB.

"Alors que l'espérance de vie en bonne santé des travailleurs est en moyenne de 64 ans, avec des différences énormes en fonction du niveau de revenus, le passage en force du gouvernement et son obstination à faire primer les logiques purement budgétaires sur les questions de santé conduiront à un véritable carnage social pour les travailleurs", préviennent les trois organisations syndicales.

Bacquelaine viendra avec une proposition d'ici fin 2017

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) mettra une proposition sur les métiers lourds sur la table du gouvernement d'ici la fin de cette année, a-t-il fait savoir lundi en réaction à l'échec des négociations en la matière.

La balle est dès lors à nouveau dans le camp du gouvernement fédéral. Ce qui est déjà clair, c'est que seuls des critères objectivement mesurables seront pris en compte. Le texte ne pourra en outre pas entraîner de charges administratives supplémentaires pour les employeurs.

Daniel Bacquelaine souligne par ailleurs que des négociations sont toujours en cours concernant les métiers lourds dans le secteur public. La proposition qui en découlera devra remplacer le système actuel des tantièmes préférentiels.

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