Marché du travail: Draghi appelle à faire plus pour intégrer les jeunes

11/03/16 à 14:29 - Mise à jour à 14:29

Source: Belga

(Belga) Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a appelé les sociétés européennes à faire plus pour intégrer les jeunes dans le marché du travail, dans une interview publiée vendredi.

Dans cette prise de position publiée par le quotidien britannique The Guardian, M. Draghi déplore que, dans de nombreux pays européens, "le marché du travail est organisé pour protéger les 'insérés' - les gens avec des contrats permanents, bien payés, et protégés par des lois du travail fortes". "L'effet secondaire en est que des jeunes sont bloqués dans des contrats peu payés et temporaires, et se font renvoyer en premier en période de crise. Cela signifie aussi que les employeurs sont réticents à investir dans les jeunes", regrette le président de la BCE. Il s'inquiète en conséquence de "l'inégalité croissante" entre les générations à ce sujet, soulignant qu'elle est encore plus criante dans la période de très basse inflation actuelle: "en zone euro, l'inflation trop basse entraîne une redistribution (des revenus) depuis les jeunes foyers, plus endettés, vers les foyers plus vieux qui sont habituellement créanciers nets". Dans une période de faible inflation, la dette des ménages, plus importante en moyenne chez les jeunes, diminue mécaniquement moins vite qu'en période d'inflation plus soutenue. Les propos de M. Draghi ont été tenus avant les annonces jeudi de la BCE qui a pris des mesures pour tenter de relancer l'inflation, via un abaissement de ses trois taux directeurs et une augmentation de son programme de rachat de dettes. Ils sont publiés aussi après des manifestations mercredi en France contre un projet de réforme du code du travail, censée fluidifier le marché du travail et favoriser l'embauche dans un pays où le chômage est endémique. Initialement présentée comme un outil d'amélioration de la compétitivité des entreprises et, in fine, de l'emploi, cette loi est désormais aussi mise en avant par l'exécutif français comme un moyen de lutter contre la "dualité" du marché du travail entre titulaires de contrats stables et titulaires de contrats précaires. Des centaines de milliers de salariés et étudiants ont manifesté mercredi contre cette réforme qualifiée de "régression historique". (Belga)

Nos partenaires