Marché du carbone: les sidérurgistes européens inquiets pour leur compétitivité

29/05/17 à 13:25 - Mise à jour à 13:25

Source: Belga

L'association des sidérurgistes européens Eurofer a demandé lundi que la réforme du système européen d'échange de quotas d'émissions, actuellement négociée à Bruxelles, préserve leur "compétitivité".

Marché du carbone: les sidérurgistes européens inquiets pour leur compétitivité

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"Vous pouvez faire en sorte que le secteur ne soit pas plombé par des coûts élevés qui restreindraient l'investissement ou accroîtraient le risque de pertes d'emplois et de fermetures d'usines dans l'UE", écrivent-ils dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants des 28 pays membres de l'UE.

Les Etats membres viennent d'entamer des négociations sur cette réforme avec le Parlement européen, qui a adopté sa position mi-février, et la Commission européenne. L'objectif partagé est d'améliorer l'efficacité du marché européen du carbone (dit SEQE, ou ETS selon son acronyme anglais), lancé en 2008, mais qui n'a pas eu l'efficacité espérée, plombé notamment par un prix trop faible de la tonne de carbone pour les industriels qui doivent avoir recours au marché. Or, après l'Accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique, l'UE a besoin d'un marché fonctionnel pour tenir son engagement de réduire de 43% d'ici 2030 (par rapport à 2005) les émissions des secteurs couverts par le SEQE, qui a accumulé un gigantesque surplus d'allocations de CO2. "Le changement climatique est une question cruciale qui doit être abordée de manière urgente au niveau international" et "le secteur de l'acier fait de gros efforts pour réduire ses émissions de CO2", assure Eurofer dans sa lettre, signée par 76 PDG qui représentent la quasi-totalité du secteur.

Mais la réforme de la législation, telle qu'elle est actuellement envisagée, "crée des coûts en carbone élevés même pour les sidérurgistes les plus performants" et "valorise les importations d'acier en provenance des concurrents des pays tiers qui n'ont pas de tels coûts et qui ont une empreinte carbone beaucoup plus élevée".

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