Les sociétés zombies sont légion en Belgique et freinent la productivité

05/06/18 à 14:37 - Mise à jour à 14:37

Source: Belga

La Belgique figure, après l'Espagne et la Grèce, parmi les pays européens comptant le pourcentage le plus élevé de sociétés "zombies". Ces dernières représentent un frein à une dynamique économique positive, constate le chef économiste de BNP Paribas Fortis, Koen De Leus, dans une note d'analyse.

Les sociétés zombies sont légion en Belgique et freinent la productivité

© Getty Images/iStockphoto

L'OCDE définit les sociétés zombies comme étant des entreprises de plus de 10 ans, cotées en Bourse et dont la rentabilité n'a pas suffi au cours des trois dernières années pour couvrir le remboursement de leurs charges et intérêts. Depuis la crise financière, le pourcentage de sociétés zombies en Belgique est passé de 6 à près de 9%. Or, "il n'est possible de développer une dynamique positive que si les sociétés faibles font place aussi vite que possible aux entreprises fortes, rentables et innovantes.

La destruction créatrice, concept à la base d'une croissance durable de la productivité, et donc de la richesse, laisse à désirer", souligne l'économiste. La survie des sociétés moribondes s'explique notamment par l'environnement de taux d'intérêts faibles. De par leur existence, les sociétés zombies font baisser la productivité moyenne du pays et sont un frein à la croissance des entreprises saines. Leur présence sur le marché accentue la concurrence et fait baisser les prix davantage que si elles n'existaient plus. La guerre des talents au sein de leur secteur pousse également les salaires davantage vers le haut, observe Koen De Leus. En outre, les secteurs qui comptent de nombreuses sociétés zombies ont moins d'argent pour financer les entreprises saines.

En Belgique, 15% des investissements totaux sont consacrés aux entreprises moribondes. Pour l'économiste, une réduction des sommes investies dans les sociétés zombies serait une façon de permettre aux entreprises saines de disposer de davantage de moyens de financement. Mais, pour "s'attaquer à la racine du problème et éliminer les sociétés zombies", Koen De Leus estime qu'une amélioration de la loi sur les faillites serait "un pas important dans la bonne direction". Une telle réforme devrait s'appuyer sur trois éléments clefs, selon l'économiste: ne pas stigmatiser et ne pas soumettre l'entrepreneur à une période trop longue de "purgatoire"; la mise en place d'un mécanisme de détection efficace afin d'éviter si possible la faillite; et la mise à disposition de l'entrepreneur des outils nécessaires pour restructurer son entreprise, tant au niveau des débiteurs que des créditeurs. "Nous devons être vigilants, car nous sommes particulièrement vulnérables. Tout comme les taux bas font augmenter le nombre de sociétés zombies, les pays qui comptent de nombreuses sociétés zombies sont très vulnérables en cas de hausse des taux. En plus, compte tenu de la réduction de la main-d'oeuvre disponible, toute mesure engendrant une hausse de la productivité sera la bienvenue", conclut Koen De Leus.

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