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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/02/15 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Les patrons de la Silicon Valley, pires que les banquiers de Wall Street

Tout le monde connait la société américaine Uber aujourd'hui. Elle représente un cauchemar pour les sociétés de taxis du monde entier. Ce que l'on sait moins, c'est que le prochain, concurrent d'Uber pourrait bien être...Google !

Les patrons de la Silicon Valley, pires que les banquiers de Wall Street

© BELGAIMAGE/Eliot Blondet

Selon l'agence d'information Bloomberg, Google préparerait un service concurrent à celui d'Uber dans lequel il a déjà investi plus de 250 millions de dollars depuis un an et demi. S'il y a concurrence entre Uber et Google, ce ne sera toutefois pas pour demain mais d'ici quelques années. En effet, le projet de Google s'inscrit dans la perspective des voitures sans chauffeurs que Google développe maintenant depuis des années dans ses laboratoires. Le plus amusant, c'est que Uber est également en train de travailler sur le même modèle de voitures sans chauffeur.

Car c'est bien de proposer aux consommateurs une alternative aux taxis, mais c'est encore mieux si demain ces taxis peuvent rouler sans chauffeurs. Le patron d'Uber, Travis Kalanick, n'a pas hésité à dire devant la presse que la raison pour laquelle Uber parait encore cher, "c'est parce que vous payez pour l'autre gars dans la voiture. Quand il n'y aura plus d'autre gars dans la voiture, le prix pour un Uber sera moins élevé". Difficile d'être plus clair, et aussi plus maladroit !

En effet, pour rassurer les villes dans lesquelles Uber propose ses services, ce même patron n'hésite pas à répéter que grâce à lui des emplois de chauffeurs seront créés, il dit souvent que 50.000 jobs de chauffeurs sont créés chaque mois dans le monde grâce à Uber. Et puis, là, sans s'en rendre compte, il annonce qu'il travaille lui aussi sur un projet de voitures sans chauffeurs et que quand ce projet sera prêt, adieu à tous ces chauffeurs, ces "autres mecs ou gars dans la voiture" comme il les surnomme.

Des propos pareils sont typiques des patrons de la Silicon Valley. Dans le discours officiel, ils sont là pour sauver l'humanité, trouver des solutions à tous nos problèmes, mais en réalité, comme le reconnaissant les meilleurs connaisseurs de la Silicon Valley, certains d'entre eux sont parfois pire que les banquiers de Wall Street. Pour vous donner un seul exemple de cet état d'esprit "compétitif", la société Lyft, une société concurrente de Uber s'est déjà plainte selon Les Echos de la concurrence déloyale d'Uber qui d'après elle aurait notamment créé de faux comptes Lyft, commandés et puis annulés des chauffeurs, afin d'engorger son service. La justice dira si c'est vrai ou pas, mais l'accusation montre que les enjeux économiques sont importants. En effet, n'oubliez jamais que si Uber n'a que quelques petites années de vie, sa valorisation atteint déjà 40 milliards de dollars. C'est fou, mais c'est le monde d'aujourd'hui, celui des extrêmes !

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