Les multinationales ont retiré 45 milliards d'euros virtuels de Belgique

30/04/13 à 08:04 - Mise à jour à 08:04

Source: Trends-Tendances

Les multinationales, refroidies par la baisse de la déduction de l'intérêt notionnel, retirent progressivement leur argent de Belgique pour le transférer dans d'autres pays. Pourtant les montants astronomiques que les groupes internationaux placent dans leur banque interne belge ne signifient pas grand-chose; souvent ils ne créent guère d'emplois et il n'est pas rare que ces capitaux soient virtuels.

Les multinationales ont retiré 45 milliards d'euros virtuels de Belgique

© Thinkstock

Au cours des trois derniers mois de 2012, 45 milliards d'euros ont ainsi quitté la Belgique, écrivaient mardi De Morgen et Het Laatste Nieuws sur base de chiffres de l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE).

Grâce à la déduction des intérêts notionnels, les entreprises peuvent déduire de leurs bénéfices imposables un intérêt fictif. Le gouvernement du Premier ministre Elio Di Rupo a réduit cette déduction à 3% fin 2011 et à 2,7% en 2012.

Selon l'OCDE, cette diminution a poussé les multinationales à retirer de Belgique 45 milliards d'euros entre octobre et décembre 2012. De nombreuses multinationales ont par ailleurs déménagé leur banque interne, notamment au Luxembourg à l'image d'ArcelorMittal et Philips. En raison de ce flux sortant d'argent au dernier trimestre 2012, la Belgique est la destination la moins attrayante pour les capitaux des 34 pays étudiés par l'OCDE.

On peut regretter que la Belgique soit la destination la moins attrayante sur 34, mais on ne saurait pour autant se lamenter sur les 45 milliards évoqués par l'OCDE. Les montants astronomiques que les groupes internationaux placent dans leur banque interne belge, pour profiter des intérêts notionnels, ne signifient en effet pas grand-chose. Non seulement ne créent-ils souvent guère d'emplois, voire pas du tout, mais il n'est pas rare que ces capitaux soient virtuels : ils figurent au bilan en Belgique mais sont en réalité gérés ailleurs. Un milliard d'euros investi dans l'industrie ou les services pèse plus lourd que 45 milliards déposés dans ces entreprises dénuées de substance économique !

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