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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

25/01/16 à 10:53 - Mise à jour à 26/01/16 à 11:47

Les grands défis de l'industrie automobile face aux voitures autonomes

Les voitures autonomes, celles roulant donc sans intervention humaine, seront sur nos routes dans ... 4 ans, selon le patron de Ford. Mais est-ce possible ? Qu'est-ce que cela va changer pour l'industrie automobile qui risque de se faire rouler dans la farine par Google ou Apple ?

Les grands défis de l'industrie automobile face aux voitures autonomes

© Reuters

Les premières voitures 100% autonomes fonctionnant donc sans aucune intervention humaine seront commercialisées dans 4 ans, en 2020. Ce n'est pas un hurluberlu qui le dit, mais le patron mondial de Ford. Il vient de lancer cette date lors du dernier salon de Detroit aux Etats-Unis tout en reconnaissant être un peu optimiste.

Selon lui, ces voitures 100% autonomes seront demain sur nos routes, et tout dépendra, ajoute-t-il, de la vitesse à laquelle les régulateurs accepteront le changement. Trop optimiste ce dirigeant automobile ? Ce qui est certain, c'est que la voiture autonome va poser de très grands défis aux constructeurs automobiles. En effet, les deux tiers du chiffre d'affaires prévu en 2025 proviendront des logiciels, de la télématique et des systèmes de sécurité de ce nouveau type de voitures.

En réalité, il est probable que la voiture, elle-même, produite par ces constructeurs ne pèsera que le dernier tiers. Ce n'est pas énorme, et donc, le danger pour les marques automobiles, et elles en sont bien conscientes, est de voir débarquer sur ce marché alléchant des géants d'Internet comme Google et Apple. Ces géants géreront en direct le tableau de bord de ces nouvelles voitures.

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L'automatisation en marche des véhicules devrait d'abord profiter aux fournisseurs de logiciels. Et moins aux constructeurs.

En clair, le danger, c'est de voir les constructeurs avoir le même destin que les fabricants chinois de smartphones. L'argent du logiciel va dans les poches d'Apple, mais la partie la moins rentable - soit l'assemblage du smartphone - est aux mains de fabricants chinois ou taiwanais. En faisant le parallèle avec les voitures, le danger est de voir la partie la moins rentable - la construction de la voiture - être réservée au constructeur. En revanche, les deux tiers des revenus des voitures autonomes iraient chez des fournisseurs de logiciels comme Apple ou Google ou Microsoft.

Le danger est d'autant plus grand, qu'en roulant, la voiture connectée de demain recueillera de très nombreuses informations sur le conducteur, via des capteurs embarqués ou via un smartphone relié au tableau de bord. Ces informations transmises en temps réel donneront des infos sur l'état du véhicule, le niveau de la batterie ou l'usage des freins par exemple, mais elles donneront aussi des informations précieuses sur les habitudes de conduite du conducteur, comme le ombre de freinages brusques par exemple ou ses destinations GPS préférées, etc.

Toutes ces informations seront exploitables pour les constructeurs automobiles et leur permettront à l'avenir de proposer de nouveaux services à bord des voitures autonomes, mais encore faut-il que ces informations ne tombent pas aux mains de ces nouveaux concurrents que sont Google ou Apple. En résumé, l'automatisation en marche des véhicules devrait d'abord profiter aux fournisseurs de logiciels. Et moins aux constructeurs. Et ça, c'est un sacré défi à relever pour les grandes marques automobiles !

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