Les grands chantiers de Sophie Dutordoir à la SNCB

07/03/17 à 15:27 - Mise à jour à 15:39

La nouvelle administratrice déléguée de la SNCB, Sophie Dutordoir, s'est assise dans le fauteuil quitté par Jo Cornu. Parviendra-t-elle à accélérer les dossiers qui se sont éternisés contre la volonté de son prédécesseur ?

Les grands chantiers de Sophie Dutordoir à la SNCB

La nouvelle CEO de la SNCB Sophie Dutordoir, le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Mobilité François Bellot. © Belga

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Sophie Dutordoir, 54 ans, est la nouvelle patronne du chemin de fer en Belgique, du moins du transporteur SNCB. Elle hérite d'un poste qui en a rebuté plus d'un. La SNCB est une entreprise publique, très syndiquée, très politisée, très subsidiée, très critiquée - les retards déplaisent. Une entreprise très passionnelle en somme. C'est la lourdeur d'une grosse entreprise comme Electrabel, qu'elle a dirigée, avec la complexité d'une entreprise publique exposée.

Voici quelques gros dossiers qui attendent Sophie Dutordoir:

1. La ponctualité. C'est le dossier où Sophie Dutordoir a peut-être le plus de levier, car elle ne doit pas passer par un accord avec le gouvernement. Jo Cornu a bien amélioré la ponctualité, mais cette dernière a reculé en 2016. C'est l'aspect le plus visible et le plus embarrassant dans la relation avec la clientèle. Et la clientèle, Sophie Dutordoir a l'habitude de l'affronter : entre la direction d'Electrabel et la SNCB, elle a ouvert, surprenante reconversion, une épicerie fine-table d'hôtes à Overijse, servant de spécialités italiennes...

2. Introduire des tarifs flexibles. Jo Cornu avait plaidé en faveur d'un tarif flexible, pour remplir les trains aux heures creuses et améliorer la recette moyenne. Le principe de la mesure a été accepté par le ministre de tutelle depuis plus d'un an, mais jamais mis en application. Il est vrai que la mesure comporte un risque politique. Il s'agit d'améliorer les revenus sans appliquer des tarifs exagérés. Sophie Dutordoir devra se prononcer sur le dossier.

3.Signer un contrat de gestion. Le dernier contrat de gestion entre la SNCB et l'actionnaire - l'Etat fédéral - arrivait à échéance en 2012, lorsque la SNCB était dirigée par Marc Descheemaeker. Les négociations ont tiré en longueur sous le précédent et actuel gouvernement, le nouveau contrat a donc plus de 4 ans de retard. Ce document comporte les services attendus par l'état (notamment la question tarifaire). Jo Cornu pensait d'ailleurs quitter la SNCB après avoir signé le contrat de gestion, mais le dossier traîne toujours. A 72 ans, il a préféré ne plus attendre et a préféré s'en aller, comme prévu, à mi-mandat sans attendre la fin des négociations qui s'éternisent. Sophie Dutordoir devrait donc signer le fameux document. Ce dernier doit donner plus d'autonomie à la direction de la SNCB et plus de clarté dans ses objectifs.

4. Améliorer la productivité. Ce dossier déjà fort avancé par Jo Cornu doit encore se développer. Pour deux raisons : parce que la SNCB affiche une productivité plutôt faible. Une étude publiée par la revue Regards Economiques (1) montre que les chemins de fers néerlandais (NS), suisses ou autrichiens sont nettement plus productifs. Ensuite, l'Etat fédéral a réduit ses subsides pour contribuer à la réduction du déficit budgétaire. Pour maintenir une offre attractive (et ponctuelle), la SNCB est poussée à améliorer sa productivité, de faire plus avec moins de personnes. L'effort actuel a permis un gain de productivité de 4% par an depuis trois ans, qui devrait continuer dans les années à venir.

(1) Axel Gautier et Iman Salem, "La SNCB : prête pour la libéralisation totale du rail ?", Regards Economiques, décembre 2016.

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