Les dommages collatéraux de la dégradation française

18/01/12 à 13:24 - Mise à jour à 13:24

Source: Trends-Tendances

Standard & Poor's ne s'est pas contenté de dégrader la notation de la France : l'agence vient de revoir à la baisse les notes de plusieurs entreprises publiques, EDF, RTE et SNCF notamment. Autre conséquence : le contraste est de plus en plus flagrant avec l'Allemagne...

Les dommages collatéraux de la dégradation française

© Bloomberg

Standard & Poor's dégrade des entreprises publiques françaises...

Standard & Poor's a annoncé mardi qu'elle dégradait la note de la dette de plusieurs entreprises publiques françaises, dans la foulée de l'abaissement de la note souveraine de la France, à qui elle a retiré son triple A.

La note du géant de l'électricité EDF est abaissée de AA- à A+, tout comme celle de RTE (Réseau de transport d'électricité). La note de la SNCF, la compagnie de chemins de fer française, passe d'AA+ à AA, a indiqué l'agence dans un communiqué.

Des abaissements de note ou des baisses de perspectives concernent au total 13 entreprises de la zone euro dans le giron public, "directement affectées par la dernière action sur la notation dans l'Eurozone du fait de leur statut" lié à la sphère gouvermentale.

S&P indique qu'elle détaillera ultérieurement les raisons de ses décisions entreprise par entreprise. La principale des trois grandes agences d'évaluation financière, qui menaçait depuis décembre d'abaisser les notes de 15 des 17 Etats de l'Union monétaire, en a dégradé neuf, privant notamment la France pour la première fois de la note maximale AAA.

... Mais estime que l'Allemagne gardera son "AAA" même en cas de récession

Le contraste est flagrant avec le voisin d'outre-Rhin. Moritz Krämer, responsable en Europe du même Standard & Poor's, assure, dans un entretien publié mercredi dans le Bild, que l'Allemagne gardera sa note AAA, la meilleure possible, même en cas de récession cette année.

"Nous croyons que l'Allemagne se trouve dans une position relativement forte et qu'elle devrait supporter une éventuelle récession cette année sans perdre sa note", a-t-il affirmé au quotidien.

Standard & Poor's, qui vient d'abaisser la note de nombreux pays européens, a en revanche conservé à l'Allemagne le fameux triple A, la meilleure possible. En zone euro, seuls quatre pays peuvent désormais se vanter d'être ainsi notés par S&P : l'Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Berlin abaisse sa prévision de croissance 2012 mais écarte une récession

Le gouvernement allemand a revu à la baisse, mercredi, sa prévision de croissance 2012, à 0,7 %, contre 1 % auparavant, tout en précisant qu'il ne craignait pas de récession pour la première économie européenne et qu'il espérait un rebond à 1,6 % en 2013.

Berlin table sur un déficit public stable à 1 % du produit intérieur brut, et sur un taux de chômage de 6,8 % en 2012. Toutefois, l'évolution de la conjoncture "dépend de manière décisive de la croissance et de la stabilité des partenaires européens", a indiqué Philipp Rösler, ministre de l'Economie, dans un communiqué.

Le ministère de l'Economie, qui établit les prévisions au nom du gouvernement, "attend un creux temporaire pendant le semestre hivernal mais pas de récession" et se dit "intimement persuadé que l'Allemagne retrouvera un rythme de croissance plus élevé au cours de l'année". La première économie européenne verra "ses forces de croissance se déplacer de plus en plus vers la demande intérieure", consommation des ménages ou investissements des entreprises, au détriment des exportations, selon le rapport publié par le ministère.

"La prévision annuelle du gouvernement repose sur une condition centrale : que cette année, une solution à la crise en zone euro se rapproche et que l'incertitude sur les marchés se dissipe, prévient Berlin. Une aggravation de la crise serait sans conteste le risque principal pour l'évolution économique en 2012."

L'Allemagne, économie fortement exportatrice, estime que "des risques supplémentaires résident dans le refroidissement de l'économie internationale, en particulier si les Etats-Unis ne retrouvent pas le chemin de la croissance".

Trends.be, avec Belga

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