Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/05/17 à 15:41 - Mise à jour à 15:42

Les cybertattaques, premier grand revers de l'e-commerce

Les attaques informatiques de la semaine dernière ne vont pas s'arrêter. Pourquoi ? Parce que notre société fonctionne aujourd'hui beaucoup sur la confiance, notamment sur Internet. Gagner de l'argent sur notre dos en trahissant notre confiance est donc beaucoup trop tentant !

Les cybertattaques, premier grand revers de l'e-commerce

© iStock

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur les cyberattaques qui ont frappé 150 pays la semaine dernière. Ce que l'on ne dit pas, c'est que cette attaque est en quelque sorte le premier grand revers du commerce en ligne. Cela va renforcer la méfiance des consommateurs à l'égard des paiements en ligne, par crainte de piratage. Mais comme toujours, le danger d'aujourd'hui fait place à l'insouciance demain, ce n'est qu'une question de jours ou de semaines avant que d'autres sujets ne reprennent la Une de l'actualité.

J'ajoute que comme les pirates ont demandé que leur rançon soit payée en bitcoin, certains pensent que ce piratage mondial est l'oeuvre d'initiés pour faire interdire le bitcoin ! À vrai dire, qui sait ?

En revanche, ce qu'il est intéressant de noter, comme le fait Bill Bonner de la Chronique Agora, c'est que notre société fonctionne beaucoup sur la confiance et notamment en matière d'économie numérique. Les propriétaires d'un appartement ou d'une maison mise en location sur le site Airbnb en savent quelque chose puisqu'ils acceptent que des inconnus logent chez eux de manière régulière, et ils font le pari que ces personnes ne saccageront par leurs biens. Même chose pour Amazon, nous passons chaque jour commande sur ce site alors qu'il est purement virtuel, que nous n'avons jamais rencontré les gens derrière ce site. Et tout cela pour faire quoi ? Acheter des produits que nous n'avons parfois jamais vus. Et au final, nous virons de l'argent par Internet, sans même savoir où il va ! Je caricature à peine. Donc, au total, l'e-commerce demande malgré tout une sacrée dose de confiance mutuelle.

Partager

Plus notre confiance en l'Internet sera forte, plus il sera tentant de frauder ce système.

Plus notre confiance en l'Internet sera forte, plus il sera tentant de frauder ce système. Cette confiance n'est pas une faiblesse, c'est même le signe d'une extrême civilisation. La meilleure preuve c'est que la confiance n'existe que dans les sociétés bien organisées, dans des pays où l'État de droit est respecté. Ce n'est donc pas un hasard, précise encore Bill Bonner, si les sociétés où règne un haut niveau de confiance comme la Suisse, la Norvège, Singapour et le Danemark sont également les pays les plus riches au monde. Et c'est normal, car qui ferait confiance à une dictature ?

D'accord, mais quel rapport, direz-vous, entre la société de confiance et les cyberattaques de la semaine dernière ? C'est simple, notre bien-être aujourd'hui dépend en partie de cette confiance mutuelle que nous nous accordons chaque jour sur Internet. Or, plus cette confiance est haute et plus il est facile de dépouiller les gens.

En résumé, s'il devient plus facile de gagner de l'argent en trahissant la confiance des gens, il est certain que pas mal de cyberpirates voudront abuser de cette confiance. La confiance aujourd'hui est symbolisée par Internet, par ses communications rapides et précises. Par conséquent, plus notre confiance sera forte, plus il sera tentant de frauder ce système. Notre confiance est donc devenue une faiblesse, car elle va naturellement susciter des vocations à la fraude informatique. C'est inéluctable, car trop tentant. Autant le savoir et redoubler de prudence avec nos données personnelles !

Nos partenaires