Les croisières s'amusent, et ça fait du bien au secteur

06/07/15 à 12:22 - Mise à jour à 12:22

Les commandes de paquebots remplissent les carnets de commandes des chantiers navals. Surtout en Europe, qui est de loin le premier producteurs de navires de vacances, dont le prix peut dépasser le milliard d'euros pièce.

Les croisières s'amusent, et ça fait du bien au secteur

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D'ici la fin de l'année, le nombre de nouveaux paquebots commandés pourrait dépasser les 40. C'est un chiffre considérable qui reflète la bonne santé d'un secteur qui a connu quelques moments difficiles. Notamment avec l'accident, sur les côtes de Toscane, du Costa Concordia, en 2012.

Le numéro un mondial de la croisière, Carnival, a commandé 4 paquebots pour plus de 6000 voyageurs chacun, à un chantier allemand, Meyer Werft, et pourrait en commander 5 autres à un chantier italien, Fincantieri.

Un petit segment fort rentable

Le marché des croisières est un petit segment dans le marché des vacances, qui représente environ 22 millions de voyageurs sur un total mondial annuel de plus de 800 millions de vacanciers. Il connaît une croissance régulière intéressante : depuis 1990, il progresse en moyenne de plus de 6% l'an. Avec un revenu par passager intéressant, de l'ordre de 1500 euros (pour une semaine).

L'Europe est un bénéficiaire important de ce marché car elle produit quasiment tous les paquebots exploités dans le monde. Ses chantiers navals ont perdu la fabrication des cargos ou des pétroliers, partis vers l'Asie. En revanche celle des paquebots, navires à forte valeur ajoutée, reste encore l'apanage des chantiers du Vieux Continent, en France, avec STX (ex Chantiers de l'Atlantique), Fincantieri en Italie, ainsi que des chantiers en Finlande et en Allemagne. Ce marché connaît des cycles. Les géants des croisières, comme Carnival ou Royal Caribbean , avaient ralenti les commandes avec la crise financière. Plusieurs facteurs les poussent à présent à multiplier les commandes : ils veulent profiter d'une fenêtre d'opportunité intéressante, avec des financements plus aisés (et pas cher), ainsi qu'un euro meilleur marché.

Une demande poussée par l'offre

Côté demande, les géants des mers ne se font pas trop de souci : elle connaît une croissance constante à long terme et les marchés asiatiques offrent des perspectives intéressantes. Le marché est par ailleurs poussé par l'offre : chaque nouveau paquebot, plus moderne, mieux équipé, séduit davantage les voyageurs. Certains comporteront des écrans plats qui servent de fenêtre virtuelle pour voir la mer dans les cabines qui n'ont pas de fenêtres. L'accès internet à haut débit fait partie des nouveaux équipements. Les nouveaux bateaux se rapprochent chaque fois davantage de parcs d'attractions flottants.

Virgin se lance dans le marché

En 2014, la capacité du marché mondial de croisière a augmenté de plus de 7%, pour arriver à 486.000 passagers, avec une flotte totale de 298 paquebots. Le marché est très concentré : les trois premiers opérateurs contrôlent les quatre cinquième du marché. Les nouveaux acteurs ne se bousculent donc pas au portillon car les tickets d'entrée sont élevés. Richard Branson va toutefois tenter le coup. Il compte sur sa forte image de marque pour lancer dans le marché qu'il estime encore sous exploité. Il a expliqué au Financial Times qu'il souhaitait voir s'il pouvait "attirer des gens comme moi-même qui n'ont jamais fait de croisière". Il promet de secouer l'industrie de la croisière. Comme pour ses autres activités, Virgin Cruises est une joint-venture, il a attiré Bain Capital. L'entreprise a commandé trois paquebots moyens de 1400 passagers au chantier italien Fincantieri, un investissement de 2 milliards de dollars. Les bateaux Virgin seront basés à Miami. Entrée en service : 2020.

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