Les Brésiliens d'AB InBev achètent 232 millions d'euros d'actions

03/04/15 à 14:54 - Mise à jour à 15:33

Source: Trends-Tendances

Les actionnaires brésiliens du groupe brassicole ont acquis fin mars pour plus de 232 millions d'euros de titres propres, via leur holding BRC. De quoi doper le cours de Bourse d'AB InBev, affichant déjà une forme insolente.

Les Brésiliens d'AB InBev achètent 232 millions d'euros d'actions

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La société BRC centralise les participations de milliardaires brésiliens que sont Marcel Telles, Jorge Paulo Lemann et Carlos Alberto Sicupira, les actionnaires de contrôle d'AB InBev. L'année dernière, ce holding s'était déjà fait remarquer en injectant plus de 430 millions d'euros dans le capital du brasseur. Et il n'a manifestement pas l'envie de changer de position.

En l'espace de seulement trois séances, BRC a acheté sur Euronext Bruxelles 2,08 millions d'actions AB InBev, ressort-il de l'inventaire des transactions de dirigeants de la FSMA. Ces opérations passées par tranche de centaines de milliers de titres les 25, 26 et 27 mars derniers représentent un montant global de 232,59 millions d'euros. De quoi soutenir la performance du cours.

L'action AB InBev a dépassé le seuil symbolique des 100 euros à la mi-janvier, pour crever un autre plafond historique, celui des 110 euros, fin février. Et le cours s'oriente désormais vers les 120 euros le titre. L'action a touché jeudi un nouveau record d'altitude en clôture à 115,70 euros. Pour 1,6 million de titres émis, le leader mondial de la bière affiche ainsi 186 milliards d'euros de capitalisation boursière. À titre de comparaison, 20 milliards de plus que Coca-Cola et 50 de plus que Pepsico, deux autres géants de la boisson envers lesquels certains prêtent à AB InBev des projets d'acquisition pour consolider les activités soft drinks.

Il ne reste plus qu'à comprendre les motivations des insiders brésiliens. L'achat d'actions propres est souvent comparé à une profession de foi du dirigeant à l'égard de son entreprise. Mais vu les circonstances et l'ampleur des emplettes pour les quidams, il y a tout lieu de se confondre en spéculations.

Surtout que la bonne tenue du cours ces derniers mois a démarré lorsque le Wall Street Journal a évoqué de sérieuses discussions entre AB InBev et des banques d'affaires au sujet du rachat de SABMiller. Un vieux fantasme pas si loufoque quand on se remémore qu'InBev a racheté Anheuser-Busch pour une soixantaine de milliards de dollars, signant alors la plus grande acquisition dans l'histoire du breuvage houblonné.

Et en présupposant que les actionnaires du groupe anglo-sud-africain se laisseraient volontiers payer par apport de titres, certains y verront un lien, même ténu, entre les achats d'actions cités et l'union censée accoucher d'un nouveau titan de la bière. Sauf qu'entre-temps, le fonds d'investissement 3G Capital, appartenant justement aux actionnaires brésiliens d'AB InBev, vient de concocter une gigantesque "merger" entre Heinz et Kraft Foods. À s'y méprendre disions-nous...

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