Le trafic de Brussels Airport retrouve le niveau du temps de la Sabena

04/07/14 à 11:46 - Mise à jour à 11:46

Source: Trends-Tendances

Le trafic de l'aéroport de Zaventem (Brussels Airport ) devrait dépasser le trafic record enregistré juste avant la faillite de la Sabena, en 2000. Il avait été fréquenté par plus de 21,6 millions de passagers et n'avait jamais retrouvé ce niveau.

Le trafic de Brussels Airport retrouve le niveau du temps de la Sabena

© belga

Il aura donc fallu 14 ans à Brussels Airport pour récupérer le trafic atteint à l'époque de la Sabena. Arnaud Feist, CEO de l'aéroport, estime que le record de 21,6 millions de passagers en 2000 pourrait être (enfin) battu cette année. "Les chiffres des premiers mois de l'année sont supérieurs à ceux de l'époque de la Sabena" note-t-il. Sur les six premiers mois, l'aéroport a enregistré 9,952 millions de passagers, en hausse de 11,8% sur la même période en 2013.

Ryanair n'a pas pris de passagers à ses concurrents à Zaventem

Les raisons de cette hausse ? La multiplication des vols low cost à partir de février, en particulier avec l'arrivée de Ryanair et le développement de Vueling, mais aussi une hausse du trafic de transit, généré par Brussels Airlines et ses partenaires de Star Alliance. Concernant Ryanair, Arnaud Feist note que son arrivée à Zaventem en février n'a pas d'impact sur le trafic des autres compagnies. "L'arrivée de Ryanair a un effet positif général. Nous n'avons pas noté de cannibalisation des autres vols de Vueling, easyJet ou Brussels Airlines" explique le patron de l'aéroport. "Même chose pour l'impact sur l'aéroport de Charleroi, dont la fréquentation n'a pas reculé au même niveau que le trafic généré par Ryanair à Brussels Airport." Arnaud Feist s'interroge toutefois sur l'impact à moyen terme sur les compagnies. "Les tarifs sont très attractifs, mais est-ce que ce sera durable ? La situation pèse sur les marges des compagnies." Du reste, Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines a annoncé dans les colonnes de notre confrère Le Vif L'Express qu'il reculait d'un an le retour aux bénéfices. La compagnie, qui suit un plan de restructuration, est en perte et prévoyait la rentabilité pour 2014. Ce sera 2015, vraisemblablement sous la pression de la concurrence accrue à Zaventem.

Plus de 10% de marge nette

Cette hausse en passagers devrait se traduire, estime Arnaud Feist, par une hausse des bénéfices. Ils s'élevaient, après impôt, à 47,5 millions d'euros en 2013, sur un chiffre d'affaires de 428,6 millions d'euros. Soit plus de 10% de marge nette (et une rentabilité des fonds propres de l'ordre de 2%).

La faillite de la Sabena avait lourdement touché l'aéroport. Il avait dégringolé dans le classement des aéroports européens depuis 2000. Zaventem avait perdu une bonne partie du trafic de transit que générait la Sabena, notamment avec la perte de nombreux vols long-courrier.

Le risque d'un souci Brussels Airlines

Les aéroports ont généralement des finances stables et risquent moins de perdre de l'argent que les compagnies aériennes. Toutefois ils peuvent connaitre des difficultés s'ils perdent un client important comme l'était la Sabena. L'agence de notation Fitch, dans une note de juin dernier, a du reste considéré que Brussels Airport pouvait tenir même dans l'hypothèse d'un "Brussels Airlines Shock" (la disparition de Brussels Airlines).

L'agence de notation a dû imaginer ce scénario, ce stress test, -parmi d'autres- pour apprécier la solidité des finances de Brussels Airlines, puisque la compagnie est en perte depuis plusieurs années. Selon cette évaluation, qui avait déjà faite en 2013, une disparition à la mi 2015 se traduirait par une baisse de fréquentation de 18% en 2015 et 13% en 2016. L'impact financier resterait acceptable. Le rating de l'aéroport est de BBB, au même niveau que l'an passé. Il est inférieur, vu le risque Brussels Airlines, à celui de Gatwick (Londres). Toutefois la notation est supérieure à ce qu'elle a été en 2009, lorsque l'aéroport avait reçu un "non investment grade".

L'attribution de la notation BBB a permis à l'aéroport de refinancer sa dette en juin 2013 à un coût plus modéré, pour un montant d'environ 1,5 milliard d'euros.

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