Le secteur laitier veut montrer patte blanche en matière de durabilité

27/03/18 à 14:18 - Mise à jour à 14:21

Source: Belga

(Belga) Le secteur laitier a présenté mardi, dans une exploitation agricole de Petit-Enghien, le bilan de plusieurs années d'efforts et de suivi en matière de durabilité. Plus de 8.000 producteurs belges ont été audités, ce qui a permis de mettre en lumière les progrès accomplis et ceux qui sont encore à faire sur la voie d'un lait plus "vert".

Un programme de durabilité a été mis en place par l'industrie laitière et les organisations agricoles membres de l'Agrofront (Boerenbond, FWA et ABS). Il couvre la production, la collecte et la transformation du lait. Les producteurs de lait se sont vu proposer 35 initiatives de durabilité. Au terme d'une première période de trois ans (2014-2016), il apparaît que 92% de l'ensemble des exploitations laitières ont réalisé une ou plusieurs de ces 35 initiatives et que près de 14 initiatives de durabilité ont été adoptées en moyenne en 2017, contre neuf en 2014. "C'est pas mal car ce sont des initiatives volontaires. Cela prouve que les producteurs laitiers investissent bel et bien dans la durabilité", a souligné Renaat Debergh, administrateur délégué de la Confédération belge de l'industrie laitière (CBL). Parmi les résultats les plus marquants, la CBL constate qu'un producteur laitier sur quatre (27%) produit sa propre énergie durable, essentiellement par le truchement de panneaux solaires. La bio-méthanisation est également utilisée mais encore trop peu aux yeux du ministre wallon de l'Agriculture, présent mardi matin à Petit-Enghien, pour qui "il faut donner un vrai coup de pouce à la bio-méthanisation en Wallonie". René Collin s'est également étonné du faible pourcentage (3%) de producteurs laitiers ayant fait réaliser un audit énergétique de leurs installations alors que ces audits ne coûtent pratiquement rien et débouchent sur des bénéfices potentiels considérables. La CBL a encore souligné les efforts réalisés par le secteur tant en matière de collecte (baisse de 9% de la consommation de carburant aux 1.000 litres de lait sur la période 2006-2016) que de transformation du lait. Depuis 2005, l'industrie laitière a réduit sa consommation énergétique de 13% et ses émissions de CO2 de 22% par tonne de produit fini. Également invité mardi à Petit-Enghien, le climatologue et professeur à l'UCL, Jean-Pascal van Ypersele, a salué ces efforts, non sans rappeler qu'au niveau mondial le secteur laitier représente environ 4% des émissions de gaz à effet de serre, "ce qui n'est pas négligeable et est environ autant que l'aviation civile". L'ancien vice-président du Giec a modestement formulé quelques suggestions au secteur, comme un remplacement des tourteaux de soja, régulièrement utilisés dans l'alimentation du bétail et importés d'Amérique, par des graines de lin produites localement. "Une étude réalisée par le CRA-W (Centre de recherches agronomiques de Wallonie) a montré que l'on pouvait ainsi réduire la consommation du méthane, tout en améliorant la qualité du lait", a notamment expliqué M. van Ypersele. Un deuxième tour de suivi des efforts de durabilité des producteurs laitiers et de la filière est en cours sur la période 2017-2019. (Belga)

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