Le secteur chimique européen est fragilisé par un "désavantage compétitif"

20/11/14 à 14:41 - Mise à jour à 14:40

Source: Belga

L'industrie chimique européenne souffre d'un désavantage compétitif sur le marché mondial, notamment par rapport à la Chine et aux Etats-Unis, a averti jeudi Jean-Pierre Clamadieu, CEO de Solvay et président fraîchement élu du Cefic, le Conseil de l'industrie chimique européenne. Les coûts élevés de l'énergie et les faibles investissements en recherche et développement (R&D) sont pointés du doigt comme les principales raisons de ce manque de compétitivité.

Le secteur chimique européen est fragilisé par un "désavantage compétitif"

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M. Clamadieu veut "envoyer un signal" aux autorités européennes. "La part européenne dans les exportations mondiales est passée de 31% en 1991 à 21% en 2012", lance-t-il en guise de signal d'alarme. Les coûts de l'énergie constituent "le talon d'Achille" de l'industrie européenne, selon le président du Cefic. Il souligne que le Moyen-Orient est avantagé par ses importantes ressources en pétrole et en gaz tandis que les Etats-Unis disposent maintenant d'une énergie bon marché avec le développement de la fracturation hydraulique (pétrole et gaz de schiste).

Le secteur chimique européen lance dès lors un appel pour la mise en place d'une politique énergétique européenne coordonnée. Le mix énergétique européen doit ainsi être varié, de la même manière que les sources d'approvisionnement, afin de faire baisser le coût de l'énergie en Europe. "Il faut considérer toutes les sources d'énergie. Quand je dis cela, je fais également référence à l'énergie nucléaire et aux pétroles et gaz non conventionnels", a expliqué M. Clamadieu.

Une telle politique aurait également l'avantage de relancer les investissements en R&D dans un secteur où l'innovation est vitale pour la croissance, selon le Cefic. Selon un rapport commandé par l'organisation au bureau de conseil Oxford Economics, de telles mesures pourraient augmenter le produit intérieur brut européen de 35 milliards d'euros et créer 500.000 emplois, dont la moitié dans le secteur chimique. "Nous nous trouvons à la base de nombreuses chaînes industrielles d'approvisionnement en Europe, et le fait que nous perdions de la compétitivité n'est pas un bon signal", a averti M. Clamadieu.

Le président du Cefic a par ailleurs précisé que le secteur chimique belge, avec ceux des Pays-Bas et de l'Allemagne, dispose du plus haut niveau de compétitivité en Europe.

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