Le rejet de l'offre n'empêchera pas une privatisation de bpost selon les syndicats

11/11/16 à 14:08 - Mise à jour à 14:08

Source: Belga

La poste néerlandaise a rejeté vendredi l'offre de reprise émise par la poste belge, bpost, a-t-elle annoncé vendredi. Pour Jacques Lespagnard, de la CGSP secteur Poste, c'est une bonne nouvelle du point de vue social "mais peut-être pas au niveau économique, vu qu'il y aurait probablement eu des centaines d'emplois à pourvoir".

"Le rejet de l'offre n'est pas étonnant", selon Jacques Lespagnard, qui se réfère aux réactions assez peu enthousiastes du Premier ministre néerlandais et de son ministre de l'Économie.

PostNL étant indépendante, c'était au conseil d'administration de trancher. Il a rejeté l'offre vendredi.

Pour le syndicaliste, il s'agit d'une bonne nouvelle car la reprise de PostNL par bpost aurait signifié la privatisation de la poste belge; l'Etat belge, actuellement principal actionnaire (51% des actions) aurait en effet revendu certaines de ses actions.

De son côté, la CSC-Transcom secteur Poste souligne, dans un communiqué, que, même si du point de vue industriel, "selon certains analystes, ce rachat aurait pu être une bonne opération pour l'entreprise, d'un point de vue social, il générait beaucoup de craintes", notamment par rapport aux droits des travailleurs et à la qualité de l'emploi chez bpost.

La CGSP secteur Poste avait déposé un préavis de grève pour contester l'éventuel rachat. L'offre ayant été rejetée, le préavis ne devrait plus être d'actualité mais le syndicaliste reste prudent. "Je ne doute pas que bpost va essayer de trouver des alternatives. Elle cherche à se privatiser, avec le soutien du gouvernement (fédéral)", soutient-il. "Je ne me fais plus aucune illusion. Le gouvernement continuera de chercher une parade pour se débarrasser d'une entreprise publique" alors que celle-ci rapporte de l'argent et que son modèle socio-économique fonctionne, selon le syndicaliste socialiste.

Marc De Mulder, du SLFP Poste, partage le même avis. "Le gouvernement a affirmé sa volonté de privatiser la poste. Si le rejet est définitif, alors nous sommes dans l'inconnu car la poste sera de toute façon privatisée". Pour lui, le rejet de l'offre par PostNL n'est pas forcément une bonne nouvelle. Il craint notamment que PostNL ne devienne un concurrent de la poste belge, la poste néerlandaise voulant élargir son marché en Belgique selon lui. Enfin, "jusque maintenant, c'était la poste belge qui voulait reprendre mais peut-être qu'à terme, c'est elle qui sera reprise par quelqu'un d'autre", souligne-t-il.

La CSC-Transcom secteur Poste rejoint les deux autres syndicats: "Nous ne sommes pas dupes, (une privatisation) reste dans la vision libérale de la coalition (fédérale) actuelle". Le syndicat chrétien avait, lui aussi, déposé un préavis de grève ou plutôt l'avait prolongé pour la cinquième fois depuis juin, "en ajoutant le risque de privatisation à la longue liste des problèmes rencontrés par les postiers: la suppression d'emplois, la fermeture ou la réduction des heures d'ouvertures des bureaux de poste, la flexibilité, etc.". Le refus de PostNL ne résout pas les problèmes internes et "n'exclut en aucun cas la possiblité de voir des mouvements de mécontentement se déclencher dans les jours à venir chez bpost", souligne le communiqué.

La CSC-Transcom Poste indique qu'une réunion de l'ensemble de ses délégations régionales est prévue lundi 14 novembre. "Malgré les derniers évènements, celle-ci est maintenue afin de faire l'état de la situation et de consulter les représentants des travailleurs sur la suite à donner à ce préavis par rapport aux autres problématiques", conclut le communiqué.

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