Le PS veut limiter le salaire des patrons

07/04/11 à 09:26 - Mise à jour à 09:26

Source: Trends-Tendances

Quatre parlementaires socialistes francophones ont déposé un ensemble de propositions de loi visant à limiter le salaire des dirigeants au sein des sociétés cotées mais aussi des entreprises publiques. La FEB parle de "populisme".

Le PS veut limiter le salaire des patrons

© BELGA - SISKA GREMMELPREZ

Olivier Henry, Yvan Mayeur, Guy Coëme et Christiane Vienne ont déposé ces trois propositions de loi mercredi. Ils veulent ainsi limiter à 20 l'écart entre le salaire médian et le salaire le plus élevé au sein des entreprises publiques autonomes, mais aussi limiter les bonus à 30 pc de la rémunération fixe pour les sociétés cotées et les entreprises publiques, peut-on lire jeudi dans Le Soir.

L'idée est même d'interdire ces bonus si l'entreprise a procédé à des licenciements collectifs.
Pour éviter que cette limitation des bonus soit compensée par une augmentation de la part fixe du salaire des dirigeants, ils veulent également que les sociétés soient obligées de publier l'écart qui existe entre le salaire médian de l'entreprise et le salaire de ses dirigeants. Une mesure qui existe déjà aux Etats-Unis.

"Le fait de rendre ces écarts publics devrait inciter les entreprises à davantage de modération", note Olivier Henry. "Et en obligeant les sociétés cotées et les entreprises publiques à divulguer cet écart, vous les obligez à se plier à la réalité économique : dans les négociations avec les syndicats, ces informations seront évidemment évoquées. Et elles pourraient inciter les entreprises à relever les salaires les plus bas."

Les trois textes devraient être examinés en commission peu après les vacances de Pâques.

Salaires des patrons : le cas Mariani

Mercredi déjà, trois partis politiques, les écologistes d'Ecolo et de Groen! ainsi que le sp.a, se sont insurgés du montant (600.000 euros) du bonus que l'administrateur délégué de Dexia, Pierre Mariani, devrait recevoir pour ses prestations en 2010.

"La banque Dexia n'a-t-elle rien compris? ", s'interrogent les députés fédéraux écologistes Muriel Gerkens, Georges Gilkinet et Meyrem Almaci, dans un communiqué commun en dénonçant le salaire de 1,8 million d'euros perçu l'an dernier par M. Mariani, un montant comprenant une rémunération variable de 600.000 euros, dont 200.000 qui ne sont pas liés aux résultats de l'entreprise mais représentent une "prime de fonction".

"Tant la hauteur de ce salaire que sa part variable sont choquants aux yeux du groupe Ecolo-Groen! " à la Chambre, soulignent les trois députés en rappelant les difficultés - toujours présentes - de l'entreprise bancaire, l'aide d'Etat qu'elles ont nécessité et les "sacrifices concédés" par les travailleurs.

Limiter les salaires des patrons : la FEB parle de "populisme"

L'initiative de parlementaires socialistes visant à limiter les salaires des dirigeants "illustre bien le populisme qui gagne de plus en plus le monde politique", a réagi jeudi Rudi Thomaes, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique.

"Avant de dénoncer à cor et à cri un prétendu gros problème au niveau de l'ensemble des sociétés cotées, les mandataires du PS pourraient s'informer utilement des pratiques courantes en matière de rémunérations des top managers, dont le niveau moyen en Belgique et aux Pays-Bas est nettement inférieur à celui enregistré à l'étranger", réagit, par communiqué, le patron de la FEB, tout en soulignant que "les statistiques d'Eurostat confirment, année après année, qu'au sein de l'Europe, la Belgique continue clairement à faire partie du groupe des sociétés très égalitaires".

Si Rudi Thomaes reconnaît que les entreprises doivent rester en phase avec le monde extérieur en matière de rémunération des top managers, il estime aussi qu'en Belgique, c'est en règle générale le cas, contrairement aux "financiers de Wall Street et de la City à Londres, qui continuent d'attirer les talents européens par le biais de rémunérations extrêmement élevées pour fournir des produits à haut risque, comme s'il n'y avait jamais eu de crise financière".

"Pour nos entrepreneurs, de telles évolutions ne sont pas davantage acceptables qu'une surréglementation d'inspiration populiste, dont la Belgique, en sa qualité d'économie ouverte, n'a vraiment pas besoin", conclut-il.

Trends.be, avec Belga

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