Le Monde : le "candidat de Sarkozy" jette l'éponge

28/06/10 à 10:14 - Mise à jour à 10:14

Source: Trends-Tendances

Les journalistes du "Monde" ont massivement voté en faveur du groupe de candidats à la reprise Bergé-Pigasse-Niel, rejetant du même coup l'offre concurrente de France Télécom, allié au patron du "Nouvel Observateur" et associé à l'espagnol Prisa ("El País")... et infligeant du même un sévère camouflet au président Sarkozy, qui aurait largement politisé l'affaire.

Le Monde : le "candidat de Sarkozy" jette l'éponge

La Société des rédacteurs du Monde, actionnaire principal du prestigieux quotidien français, a rejeté massivement vendredi l'offre de reprise du trio France Télécom-Prisa-Perdriel, qui avait la faveur du président Nicolas Sarkozy, a-t-elle indiqué vendredi. La SRM a voté à 90,84 % en faveur de l'offre de reprise déposée par le trio concurrent, regroupant le mécène Pierre Bergé, le banquier d'affaires Matthieu Pigasse (patron de Lazard Europe) et Xavier Niel, président de l'opérateur Internet Free.

Le Monde cherche un repreneur qui devra massivement recapitaliser un groupe fortement endetté. Les montants sont évalués de 80 millions à 120 millions d'euros. Le rachat de l'influent quotidien a récemment pris une dimension politique, avec la révélation que le chef de l'Etat avait convié son directeur, Eric Fottorino, pour lui dire que l'offre Bergé-Pigasse-Niel ne trouvait pas grâce à ses yeux. Pierre Bergé a financièrement soutenu la campagne de la socialiste Ségolène Royal pendant la présidentielle de 2007. Certains observateurs voient aussi la main de l'Elysée derrière France Télécom, détenu à 26 % par l'Etat.

Le patron du Nouvel Observateur déclare maintenir son offre à la demande du conseil de surveillance du Monde

France Télécom et Le Nouvel Observateur comptent retirer leur offre de reprise du Monde, en concurrence avec celle du trio d'hommes d'affaires Bergé-Niel-Pigasse qui a obtenu la préférence des journalistes du prestigieux quotidien français, a annoncé lundi France Télécom. L'opérateur historique français était allié au patron du Nouvel Observateur, Claude Perdriel, et associé à l'espagnol Prisa (quotidien El País).

Peu après l'annonce du vote des journalistes en sa défaveur, Claude Perdriel avait pourtant annoncé maintenir son offre de reprise, à la demande des administrateurs du conseil de surveillance du Monde (où siègent à la fois représentants du personnel et administrateurs représentants des actionnaires extérieurs). Ledit conseil doit se prononcer aujourd'hui lundi mais la décision définitive du choix du repreneur est attendue mercredi, après un vote de l'assemblée générale de l'ensemble des actionnaires du Monde.

Trends.be, avec Belga

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