Le diesel, roi ébranlé ?

15/04/13 à 09:29 - Mise à jour à 09:29

Source: Trends-Tendances

La voiture au mazout restera encore longtemps dominante dans les flottes d'entreprises. Pour trois raisons, notamment fiscales.

Le diesel, roi ébranlé ?

© BELGA

Le service de dépannage automobile flamand, le VAB, va-t-il contribuer à rendre la voiture diesel encore moins attractive ? Il vient de publier une enquête qui indique qu'il faut rouler de plus en plus pour justifier l'achat d'un modèle diesel : 30.000 km par an à présent, contre 15.000 km il y a deux ans.

De quoi détrôner la position dominante du diesel (six voitures sur 10) dans le parc automobile ? Oui pour les particuliers, non pour les entreprises. Pour les premiers, la fin des primes CO2 en 2012 a changé brutalement l'équation. Les immatriculations de voitures roulant au diesel sont passées de 66 % à 53 % entre 2011 et 2012 (-13 %). "Cette année, on devrait arriver à la parité, peut-être même une légère majorité pour les voitures à essence", estime Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac, la fédération du secteur automobile.

Les sociétés sont moins promptes à reconvertir leur flotte à l'essence. Le recul était moins marqué que pour les particuliers : de 89 % à 83 % (-6 %) du total des voitures immatriculées, entre 2011 et 2012. Le diesel devrait y conserver longtemps sa position dominante pour trois raisons :

Le kilométrage annuel plus élevé. Il se situe aux alentours des 30.000 km pour les voitures de société, contre 20.000 km pour les particuliers, selon une enquête Indigov. Si l'on prend le seuil calculé par le VAB, le diesel reste intéressant pour au moins la moitié des véhicules. "Pour les voitures qui roulent moins de 25.000 km, il y a tout de même une tendance à passer à l'essence", indique Michel Van den Broeck, président de la fédération du secteur de location automobile, Renta, et patron de LeasePlan.

Les contrats de leasing. Anticiper la fin d'un contrat de leasing pour passer d'une diesel à une voiture essence coûte cher. Le loueur fait payer la différence entre la valeur comptable du véhicule et sa valeur sur le marché de l'occasion. L'écart est négatif pendant les premières années, car l'amortissement comptable est linéaire, tandis que la voiture perd plus de valeur (-30 % la première année). "Il vaut alors mieux attendre la fin du contrat", précise Michel Van den Broeck.

La fiscalité. Le gouvernement a en bonne partie indexé la fiscalité des voitures de sociétés sur leurs émissions de CO2 : frais déductible, cotisation CO2, avantages en nature. "Cela ne pousse pas les entreprises à passer à l'essence", conclut Joost Kaesemans.

83 pour cent

des voitures de société roulaient au diesel en 2012, contre 89 % en 2011.

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