Le ciel européen perturbé par des grèves en France et en Allemagne

10/04/18 à 10:35 - Mise à jour à 16:33

Des dizaines de milliers de voyageurs en Europe ont été cloués au sol mardi par des mouvements sociaux distincts en France et en Allemagne qui ont perturbé plusieurs aéroports et les géants de l'aviation des deux pays.

Le ciel européen perturbé par des grèves en France et en Allemagne

© AFP

En Allemagne, les débrayages organisés dans les aéroports de Francfort - plus grande plateforme du pays -, Munich, Cologne et Brême, ont contraint l'Allemand Lufthansa à annuler "plus de 800 vols", soit un avion sur deux, affectant "environ 90.000 passagers".

D'autres aéroports, comme ceux de Leipzig, de Hanovre et Hambourg ont été touchés par ricochet. Eurowings, filiale du géant aérien allemand est également concerné.

Il s'agit là d'une grève "d'avertissement" ponctuelle du personnel des aéroports destinée à peser sur les pourparlers salariaux dans la fonction publique, qui doivent reprendre mi-avril. Cette tactique de négociation est classique en Allemagne.

L'opérateur de l'aéroport de Francfort, Fraport, a indiqué que le trafic aérien devrait retourner à la normale en début de soirée alors que cette journée d'action doit s'achever à 18h00 locales (16h00 GMT).

Les voyageurs ont été prévenus dès lundi de l'annulation des vols et de l'absence de solution de repli, si bien que dans la matinée de mardi l'aéroport de Francfort n'était pas plongé dans le chaos.

Sybille Metzler, qui devait passer la journée à Amsterdam, a néanmoins tenté sa chance en venant à l'aérogare.

Déterminés

"Je savais, mais je voulais voir si je pouvais y arriver, car avec le train ça ne va pas. Le monde n'est pas en train de s'écrouler, mais c'est tout de même dommage pour la réunion", dit à l'AFP cette femme de 41 ans qui travaille dans le contrôle de gestion.

Selon l'aéroport, les contrôles de sécurité sont restés fermés dans plusieurs zones d'embarquement, bloquant l'accès aux avions. Et là où ils sont ouverts "des temps d'attente prolongés sont à prévoir".

Les syndicats réclament une hausse de 6% des salaires pour les 2,3 millions de contractuels de la fonction publique employés par l'Etat fédéral et les communes. Ils veulent aussi que cette augmentation se traduise par au moins 200 euros de plus par mois par personne.

"S'il n'y a pas maintenant (en période de croissance économique forte, ndlr) de progrès pour les salariés, y compris dans le public, quand auront-ils lieu ? Nous sommes décidés à y arriver", a martelé le patron de Verdi, Frank Bsirske, selon l'agence DPA.

Certains passagers se sont montrés compréhensifs, comme Ashley Gillham qui devait rejoindre Majorque depuis la Nouvelle-Zélande via Francfort. Elle est obligée de prendre un train puis un avion pour atteindre sa destination finale.

"Ce n'est pas grave (...) j'espère que (les grévistes) auront ce qu'ils veulent", explique cette cadre de Porsche de 40 ans.

Au départ de la France, le trafic est perturbé par l'annulation de 25% des vols du géant aérien Air France, sixième épisode d'une grève pour les salaires lancée en février.

Pour mercredi, nouvelle journée d'action, la compagnie prévoit près de 70% des vols.

Pertes importantes

Les pertes liées aux sept jours de grève menés entre le 22 février et le 11 avril sont estimées à "170 millions d'euros" par la direction.

Le groupe anticipe le maintien de seulement 60% de ses vols long-courriers, alors que 65 % des moyen-courriers depuis et vers l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle devraient pouvoir voler ainsi que 75% des court-courriers depuis Orly et en région.

Onze syndicats ont appelé mardi et mercredi à deux nouveaux jours de grève pour réclamer 6% d'augmentation générale.

La direction réplique que la dynamique de croissance n'est pas assez solide pour accorder de telles revalorisations, qu'elle chiffre à 240 millions d'euros par an.

Le conflit social chez Air France coïncide avec celui qui paralyse à intervalles réguliers le transport ferroviaire français pour tenter de pousser le gouvernement à renoncer à sa réforme de l'entreprise publique SNCF et du statut des cheminots.

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