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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/09/16 à 11:39 - Mise à jour à 11:48

La voiture autonome verra le jour, oui, mais pas si vite...

A force de lire ici ou là que des voitures autonomes, sans chauffeur, sont déjà en test dans telle ou telle ville, on pourrait en tirer l'impression, que ce rêve est pour demain.

La voiture autonome verra le jour, oui, mais pas si vite...

Une voiture autonome © REUTERS

En réalité, nous sommes plus dans le marketing des constructeurs automobiles que dans le réalité de demain. En effet, comme le rappelle Ronan Carrolaggi, l'auteur d'une opinion publiée par le journal Les Echos, si des prototypes circulent déjà dans certaines régions, ce n'est que sur des portions de routes bien sages et avec un pilote pour veiller au grain.

L'autre difficulté qui n'a pas encore été résolue par les fans de voitures autonomes, c'est qu'une voiture autonome devra être dotée de multiples capteurs : caméra, radars, GPS, micros, sonars, lasers, etc. Or, il faut savoir que si le traitement d'un seul de ces capteurs est déjà complexe en soi, la fusion de leurs informations entraine une incroyable - et pour le moment insurmontable - complexité technique surtout en situation de route dégradée.

Ronan Carrolaggi précise qu'il faut bien se rendre compte qu'un ordinateur d'automobile autonome devra gérer un niveau de complexité très supérieur à celui d'un calculateur d'avion puisqu'il devra faire face à des situations infiniment plus grandes et à la gestion des interactions avec les autres automobilistes et piétons.

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Nous sommes plus dans le marketing des constructeurs automobiles que dans le réalité de demain.

Donc, là encore, il faudra se rendre compte que ce système sera moins fiable, tout simplement parce que sa fiabilité sera inversement proportionnelle au nombre de ses composants et au nombre de lignes de code de ses logiciels. Pour que le risque d'accident soit supportable pour la société, les constructeurs et les compagnies d'assurance, Ronan Carrolaggi ajoute d'ailleurs qu'il faudra atteindre des niveaux de fiabilité d'un accident mortel pour...10 milliards d'heures de route.

Aujourd'hui, ce niveau n'est tout simplement pas atteignable dans des conditions économiques acceptables. Pourquoi ? Parce qu'un calculateur d'avion coûte déjà des dizaines de milliers d'euros et n'atteint pas ce niveau de fiabilité, alors ne pensons même pas au coût pour une voiture autonome. Bien entendu, tous ces bémols ne sont pas là pour dire que la voiture autonome ne verra pas le jour, non, juste pour rappeler qu'entre ce qu'on entend ou ce qu'on lit, et la réalité, il y aura encore un délai d'attente. La voiture autonome verra le jour mais pas aussi vite que le laissent entendre certains.

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