La poste néerlandaise rejette l'offre de bpost

07/12/16 à 08:41 - Mise à jour à 12:42

Source: Belga

PostNL a rejeté la nouvelle offre de bpost, a-t-elle indiqué mercredi. La décision a été prise à l'unanimité du conseil d'administration et des commissaires qui ont estimé qu'une reprise par la poste belge ne conduirait pas "à une combinaison réussie".

La poste néerlandaise rejette l'offre de bpost

© Belga

La poste néerlandaise craignait notamment que l'opération ait des conséquences négatives sur son personnel, sur sa position de livreur de courrier aux Pays-Bas et sur la continuité de la société. Elle voyait également d'un mauvais oeil l'influence que l'Etat belge, actionnaire principal de bpost, aurait pu exercer. "Cette influence, combinée à un modèle de gouvernance compliqué à différents niveaux de gestion, rendait la combinaison inefficace pour réagir aux défis actuels", a justifié PostNL dans un communiqué.

La poste néerlandaise pointait enfin le manque de soutien à l'opération, principalement de la part du monde politique, le gouvernement néerlandais ayant encore répété, lundi, qu'il voyait "un avenir radieux" pour une poste indépendante. Le 1er décembre dernier, bpost avait annoncé avoir remis une "proposition finale et améliorée" de reprise de PostNL.

Cette nouvelle offre répondait aux inquiétudes précédemment exprimées par la société néerlandaise, avait précisé la poste belge qui proposait un montant de 5,75 euros par action de PostNL, contre 5,65 lors de la précédente offre, valorisant la poste néerlandaise à hauteur de 2,5 milliards d'euros. Bpost n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat au rejet de sa proposition par PostNL.

"Une bonne nouvelle" pour les syndicats de bpost

"C'est une bonne chose pour le personnel car on évite ainsi la privatisation de bpost", a affirmé Jacques Lespagnard, responsable de la CGSP. "La dernière offre mise sur la table par la poste belge, qui se chiffrait en centaines de millions d'euros et prévoyait que le gouvernement cède davantage que ce qui avait été initialement prévu, était scandaleuse vis-à-vis des travailleurs à qui l'on demande tant d'efforts depuis tant d'années", a-t-il ajouté.

"Nous n'avons jamais été partisans de cette opération et elle nous a toujours inquiétés car au niveau social, nous n'avons pas la même culture que les Néerlandais", a encore rappelé Jacques Lespagnard, selon qui le personnel de bpost va désormais "pouvoir souffler un peu". Son de cloche identique du côté de la CSC où l'on se dit "rassuré" par l'échec de la transaction, qui a le mérite d'éloigner provisoirement le spectre de la privatisation "même si on reste convaincu que c'est toujours dans les cartons du gouvernement", a confié Stéphane Daussaint. "Nous aurions pu vivre avec le rachat de la poste néerlandaise, mais la privatisation nous inquiétait fortement car elle n'avait pas été préparée au niveau du personnel", a poursuivi le responsable du syndicat chrétien.

Selon ce dernier, les semaines à venir s'annoncent par ailleurs "extrêmement difficiles" pour les travailleurs, "faute d'effectifs suffisants dans une période, celle des fêtes de fin d'année, où le surcroît de travail est conséquent".

L'action de bpost s'envole; celle de PostNL sombre

Les actions de bpost et de PostNL réagissaient de manière contrastée, mercredi, à l'annonce du rejet par la poste néerlandaise de l'offre de reprise de sa consoeur belge.

Sur Euronext Bruxelles, le titre bpost prenait ainsi près de 3% peu après l'ouverture tandis que l'action de PostNL perdait, elle, 7% à Amsterdam.

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